Profs et Parents d’élèves en colère / Au bain sec et sans eau

4 mai 2012

Asfeld-Château-Porcien (Ardennes) Des enseignants et des parents d’élèves du collège d’Asfeld-Château-Porcien tirent  la sonnette d’alarme :  pour la première année,  aucun budget n’a été trouvé  pour conduire les 6e à la piscine.

CURIEUSE scène, ce jeudi-là, près du site asfeldois du collège Asfeld-Château-Porcien. Il y a là des élèves en maillot de bain et bonnet et des lignes d’eau bien droites, matérialisées par de belles longueurs de rubalise. Mais le premier qui piquerait une tête moucherait rouge : nous ne sommes pas à la piscine mais à l’intérieur d’un gymnase ! Cette mise en scène, incontestablement parlante, est l’œuvre des professeurs d’Éducation physique et sportive (EPS) de l’établissement, désolés de ne pas pouvoir conduire leurs 6e (140 élèves au total) à la piscine de Rethel, pour la première année. « Jusqu’ici, c’était financé par la communauté de communes, mais c’est une compétence du conseil général, expliquent Tatiana Kernn et Damien Lebègue. Cette année, la communauté de communes nous avait annoncé qu’elle ne prendrait plus le transport en charge, ce qui nous semble normal. La natation était censée démarrer en février, mais il n’y a pas de financement et on n’a eu aucune réponse du conseil général. »

Savoir nager, un acquis obligatoire Une situation à laquelle personne ne s’attendait vraiment. « On a réservé des créneaux à la piscine pour rien, déplorent les enseignants. Les parents ont acheté le matériel à leurs enfants et ne comprennent pas pourquoi il ne sert pas. » Parmi ceux-là, certains ont pris contact avec le conseil général. « Le seul retour a été oral : on nous a dit qu’une commission, qui se tiendra en juin, serait l’occasion d’étudier le problème. » Conclusion, à moins d’un redoublement peu souhaitable, la promo 2011-2012 des 6e ne nagera pas dans le cadre du collège, à la différence de leurs aînés, et de la grande majorité de leurs camarades ardennais. « Or le  »savoir nager » est obligatoire dans les programmes scolaires, font remarquer les professeurs. Le brevet de 50 mètres doit être validé sur le livret de compétence en vue du Brevet. » On pourra objecter que le jury gardera la main sur ce dernier point, mais la consolation peut sembler maigre.

Éviter des drames à la rivière « Si le collège ne les emmène pas, les enfants n’iront pas. Culturellement, ils n’y vont pas en famille et socialement, ça reste cher, quand on connaît la paupérisation du Sud-Ardennes », insiste Damien Lebègue. Même hors du cadre scolaire, apprendre à nager n’est pas apprendre le vélo. « L’été, les enfants vont souvent  »nager » à la rivière et il y a déjà eu des drames », rappelle-t-il. Il y a la solution de prendre directement les fonds sur les crédits pédagogiques. « Mais on dispose de 10.000 euros pour tout l’établissement et la facture du transport reviendrait déjà à 8.000 », répliquent les enseignants. « Pour nous, ce n’est pas facile, précisent-ils. Il faut une bonne demi-heure de trajet, vous pouvez imaginer les énormes contraintes sur les emplois du temps. Mais on veut faire l’effort, pour les gamins. »

Article source L’Union/L’Ardennais >>

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Sport à l’école : la course à l’échalote des candidats

31 mars 2012

Par Benjamin Harroch – Nouvel Observateur

De jeunes élèves en cour d'éducation physique et sportive. (PHOTOPQR/LE TELEGRAMME)

Si je suis élu président de la République, je développerai le sport à l’école. Tous les candidats à l’Elysée (ou presque) promettent d’accorder plus de place à l’éducation physique et sportive et d’accroître l’offre du sport scolaire.

Nicolas Sarkozy est celui qui va le plus loin. « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent », disaient ses mentors Jacques Chirac et Charles Pasqua. Le président-candidat propose que chaque élève puisse faire « une heure d’activité physique par jour » contre trois par semaine en moyenne actuellement du collège au lycée.

Son bilan en la matière permet pour le moins d’en douter. Sous sa présidence et à la faveur de la règle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, le nombre de professeurs d’EPS est passé de 35.000 à un peu moins de 31.000, selon le SNEP-FSU.

Dans ce contexte de rigueur budgétaire, comment croire en la proposition de Nicolas Sarkozy ? On trouve une réponse dans un communiqué de presse diffusé en février 2012, après que le député UMP Robert Lecou ait rendu au président de la République un rapport intitulé « Le sport à l’école et le sport scolaire » :

« Le chef de l’État, convaincu du rôle crucial du sport dans le bien-être et la réussite des élèves, partage l’objectif d’inciter chaque élève à exercer une heure d’activité physique par jour. »

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Le sport à l’école souffre du désengagement de l’Etat

31 mars 2012

Par le Nouvel Observateur

Si la France reste une référence en Europe pour ce qui est du nombre d’heures de cours, le modèle français se montre beaucoup moins convaincant sur le plan des infrastructures. (ERIC CABANIS / AFP)

Avec trois heures hebdomadaires d’éducation physique au collège, la France n’a pas à rougir par rapport à ses voisins. Mais elle manque d’infrastructures.

Existe-t-il un modèle français en matière d’éducation physique et sportive ? Oui, pour ce qui est du nombre d’heures d’EPS imposées au collège et au lycée.

Contrairement à l’idée voulant que les élèves allemands se consacrent au sport chacun de leur après-midi, c’est bien en France que cet enseignement est quantitativement le plus développé, comme l’explique Gilles Klein, coauteur du livre « L’éducation physique en France et en Europe » :

« Avec quatre heures par semaine en sixième, trois jusqu’en troisième, puis deux au lycée, la France reste précurseur en Europe »

Côté allemand, les collégiens bénéficient de deux à trois heures d’EPS par semaine (cela varie selon les länder), soit des chiffres très légèrement inférieurs à la France. Les collégiens espagnols et anglais doivent quant à eux se contenter de deux heures hebdomadaires (…)

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