Il est des moments où la moutarde vous monte au nez et où l’on a envie de s’adresser à tous ces commentateurs qui aujourd’hui se déchaînent dans les médias pour jeter aux orties des footballeurs qu’ils ont encensés hier.
A ces bavards de comptoirs, à ces rêveurs d’un jour qui proclament leur volonté de faire table rase de l’existant pour imaginer un «autre football» dégagé de la violence, de la vulgarité, de l’argent, nous demandons de commencer par regarder du côté des filles.
Cette équipe «black – blanc – beur», respectueuse des règlements, débordante de talent et d’envie de vaincre existe ! Simplement ils ont préféré l’ignorer.
Auteure jusqu’à présent d’un parcours sans faute, en éliminatoires de la Coupe du monde 2011, l’équipe féminine de France continue sa campagne victorieuse en cette fin de saison. Dimanche 20 juin, pendant qu’en Afrique du Sud se déroulait le psychodrame que l’on sait, elle écrasait la Croatie 3 à 0 ! Mercredi 23 juin, au lendemain de la calamiteuse défaite des Bleus, l’équipe féminine s’imposait face à l’Estonie 6 – 0 !

Depuis quinze jours, on ne parle du football qu’à travers ses « affaires », ses dérives. Manque de fair-play, excès de patriotisme et même corruption à grande échelle. Question posée aux intervenants:
Ouf ! On l’a échappé belle ! Enfin presque…
Il ne manquait plus que cela de tomber sur les grosses pointures dès le premier tour ; pour affronter le Brésil, il aurait fallu une main discrète toutes les dix minutes pour arriver en finale ! S’il faut, il faut… C’est ça la compétitivité et l’efficacité. Le sport a ceci de bon qu’il arrive
à meubler l’espace public de futilités sérieuses. Il est une haute nécessité pour un pays, pour sa population et pour les débats entre amis. Et le sport est ainsi depuis qu’il est sport : il fait jaser, jusqu’aux horions parfois, spéculer, philosopher, danser, tout quoi ! Il est tellement important que les marchands du temple s’en mêlent et trop futile pour occuper durablement un service public. C’est un peu le débat de l’heure. Budget de l’État riquiqui, centaines
de millions injectés par le privé
de tout poil, puis le reste, le sport pour tous, cahin-caha selon les volontés qui locales, associatives, bénévoles. Rama Yade flambe à la une des journaux,
des médias ; on la sent météore dans
le milieu.