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Paris, le 02 juin 2006

Monsieur Dominique de VILLEPIN
Premier Ministre
Hôtel Matignon
57, rue de Varenne
75007 PARIS

Monsieur le Premier Ministre,
 

Au printemps 2004, une mobilisation importante des étudiants et formateurs en STAPS, a permis qu'émerge une politique plus cohérente de formation aux métiers du sport. Votre prédécesseur à Matignon avait imposé un accord entre le MEN et le MJS sur les conditions d'accès à l'emploi sportif.

Un décret publié en juillet 2004 a traduit cette volonté. Celle-ci permet, dans certaines conditions, aux diplômes STAPS d'être inscrits au registre national des certifications professionnelles et de figurer automatiquement dans la liste des qualifications arrêtée par le Ministre des sports. Si cela a clarifié et un peu apaisé les rapports entre les deux départements ministériels, l'esprit de concurrence qui prévaut depuis 1981 ne semble pas avoir disparu.

Ce qui a été décidé en 2004 a permis aux diplômés STAPS d'accéder à l'emploi sportif (qui reste réglementé ) dans le cadre d'une certaine " égalité des chances ". Tout cela reste toutefois éloigné de notre revendication d'un grand service public des formations aux métiers du sport qui associerait les ministères concernés et mettrait en synergie leur potentiel et leur expérience.

Nous sommes destinataires aujourd'hui, en vue de la prochaine réunion (6 juin 2006) de la sous-commission de la CPC métiers du sport du MJS, de 4 textes sur lesquels nous attirons votre attention.
Deux projets de décrets instituent deux nouveaux diplômes d'Etat de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport. Un de niveau III (Bac+2), un autre de niveau II du répertoire national de certification professionnelle.
Deux arrêtés précisent leur organisation.
Nous émettons de fortes réserves sur le contenu de la formation qui se dessine dans ces propositions et sur les modalités d'accès à ce titre. Ce n'est pourtant pas l'essentiel de ce qui justifie notre présente interpellation.

S'agissant des diplômes ouvrant droit à rémunération dans le champ des métiers du sport, nous voyons dans cette initiative unilatérale du Ministre des sports le retour d'une volonté de concurrence exacerbée avec les formations de l'enseignement supérieur (STAPS). Venir, dans ces conditions, se positionner sur le niveau II et III des formations, nous ramène au climat de l'année 2003, quand l'actuel Ministre des sports envisageait d'obtenir le monopole de l'accès aux emplois sportifs.
C'est la représentation qui domine aujourd'hui dans les UFRSTAPS, suite à cette annonce.

Plusieurs déclarations publiques récentes du Ministre des sports, contradictoires, c'est vrai, avec d'autres faites précédemment, laissaient pourtant entendre que nous pourrions entrer dans une nouvelle ère des relations entre les deux ministères.

Le projet du MJS, s'il n'est pas formellement contestable, aurait dû s'accompagner d'un travail sérieux et d'un suivi d'ordre interministériel impliquant fortement l'enseignement supérieur. Ce n'est pas le cas. Nous ne comprenons pas, les formateurs et les étudiants non plus.

Nous vous demandons de suspendre le processus en cours, et de convier les deux ministères et les partenaires sociaux à réfléchir et à travailler en commun. Il y a urgence, nous vous demandons d'agir avec diligence.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Premier Ministre, à l'expression de nos salutations distinguées.

Jean LAFONTAN
Secrétaire Général
Alain BECKER
Secrétaire National