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Paris, le 20 mars 2013

Monsieur PEILLON Vincent
Ministre de l’Education Nationale
Président de l’UNSS
110 rue de Grenelle
75357, PARIS SP 07

 

Objet : fiches métiers

Monsieur le Ministre,

Suite aux deux réunions sur les missions des enseignants du second degré, vendredi 22 novembre et lundi 2 décembre, nous tenons à vous alerter sur la non prise en compte, pour l’instant, d’un ensemble d’éléments constitutifs du métier d’enseignant d’EPS.

1/ La coordination EPS

Notre discipline dispose d’une coordination dont l’existence officielle, non contestée, depuis 51 ans est réglementée par la circulaire n°2833 du 5 décembre 1962 et la note de service du 16 août 1982.
La fonction de coordonnateur ou coordonnatrice en EPS, regroupe un ensemble de tâches qui organise l’enseignement de l’EPS, notamment :

  • La confection des emplois du temps, la programmation des activités enseignées conformément aux programmes nationaux et en s’adaptant aux installations sportives disponibles ;
  • La négociation, notamment avec les collectivités locales, pour la mise à disposition d’installations sportives : l’EPS est la seule discipline dont les enseignants doivent négocier leurs espaces de travail et le coordonnateur représente très souvent le chef d’établissement dans les réunions de concertation et d’attribution des installations sportives ;
  • L’organisation et la coordination des transports afin de se rendre sur les lieux de travail (gymnases, stades, piscines, sites…) ;
  • Le choix du matériel pédagogique à acheter et les relations avec la collectivité de rattachement pour les investissements de matériels lourds, la rénovation et la construction des installations sportives ;
  • La coordination de l’équipe EPS pour l’élaboration, la présentation et la mise en œuvre du projet EPS ;
  • La coordination des évaluations certificatives dans le cadre des contrôles en cours de formation ;
  • L’animation du travail pédagogique collectif de l’équipe EPS nécessaire au bon fonctionnement de la discipline ;

Nous attirons votre attention sur le fait que la situation de l’EPS n’a rien à voir avec celle des autres disciplines, dont aucune autre n’a, par exemple, à négocier ses installations ou à organiser, réserver des voyages en bus pour pouvoir enseigner.
Bien au contraire, le projet présenté par le ministère remet en cause cette coordination en EPS sous prétexte d’étendre la notion de coordination à toutes les disciplines. On passerait en EPS d’une coordination obligatoire dans certaines conditions définies dans les textes réglementaires évoqués ci-dessus à une coordination facultative, décidée dans chaque établissement. Cette proposition était celle du décret de Robien contre lequel s’était fortement mobilisée notre profession !
Il convient donc de reconnaitre, conserver et améliorer cette fonction, non pas en la rendant facultative et en réduisant les critères d’attribution, mais bien en les améliorant et a minima en les maintenant, avec une rétribution qui devrait être augmentée et en tout état de cause ne saurait être réduite.

La coordination en EPS doit donc spécifiquement apparaître, selon nous, dans le « bloc 3 » des missions des enseignants du second degré, mais pas comme un sous-élément des coordinations facultatives.

2/ Le coordonnateur ou la coordonnatrice de district UNSS

Nous avons échangé avec votre cabinet et la DGESCO sur l’importance de cette fonction lors des débats autour du décret sur le sport scolaire. Celle-ci est fondamentale pour le bon fonctionnement du sport scolaire. Elle ne peut être assurée dans le cadre du forfait d’AS. Elle est actuellement, et doit rester, effectuée par des collègues choisis par et parmi les enseignants d’EPS animateurs du district UNSS. Ils assument ce travail en plus de l’animation de leur AS pour laquelle ils utilisent le forfait de 3h. Elle est rémunérée en HS ou par décharge de service. Nous demandons que ce système soit conforté.

3/ La ou le secrétaire d’AS

Actuellement cette fonction ne donne lieu à aucune rétribution alors qu’elle est lourde, en particulier dans les gros établissements (liaison avec le district et les services UNSS, gestion des licences, inscriptions aux compétitions, réservation des installations et des bus, préparation des réunions du comité directeur et de l’AG de l’AS, bilan et projets d‘AS pour présentation au CA de l’établissement etc.). Nous souhaitons que cette fonction apparaisse, elle aussi, dans le « bloc 3 » des missions des enseignants du second degré et donne lieu à rétribution.

4/ Pondération des heures effectuées en Première et Terminale

Le projet ministériel propose une pondération pour les classes de Première et Terminale, mais il est précisé « hors EPS ». Nous souhaitons connaître les raisons d’un tel ostracisme à l’égard de notre discipline et de ses enseignants. Cela nous apparaît incompréhensible, injustifiable et inadmissible. Rien ne peut justifier que les enseignants d’EPS soient exclus du bénéfice de cette mesure (comme auparavant des heures de première chaire). En effet, le temps de préparation, d’évaluation et de suivi des élèves est aussi important en EPS que dans bien des disciplines, avec les contraintes imposées par le CCF, l’exigence de co-évaluation sans rémunération, etc.

5/ Abaissement des maxima de service

Nous tenons à vous rappeler notre exigence, elle aussi déjà formulée, d’abaissement des maxima de services des enseignants d’EPS au niveau des horaires des certifiés et des agrégés soit 18h dont 3h pour le sport scolaire pour les Professeurs d’EPS et Chargés d’Enseignement d’EPS et 15h dont 3h pour le sport scolaire pour les Agrégés d’EPS.

6/ Pénibilité spécifique du métier

Parallèlement, nous avons déjà présenté à vos services les aspects spécifiques de la pénibilité de notre métier qui se traduit par une vraie souffrance pour un grand nombre de collègues. Les propositions faites dans le groupe 3 qui, semble-t-il, reposent exclusivement sur de « l’indemnitaire », nous posent problème. Parmi nos diverses propositions pour prendre en compte la pénibilité sur les fins de carrières (ex : retour de la CPA, collègues chargés de formation, tutorat, etc.) l’une consiste à ce que les collègues en situation de difficulté physique puissent prendre en charge des missions comme la coordination, la fonction de professeur principal, ... notamment en allègement de service, afin de réduire les heures de cours.

Ceci concernait les propositions sur le métier d’enseignant de second degré mais le SNEP est également concerné par le groupe de travail « conseiller pédagogique ».
En effet, nous rappelons que dans le décret 80-627 du 4 août 1980 portant statut des professeurs d’EPS, l’Art. 4 (modifié par les décrets nos 89-671 du 18 septembre 1989 et 2007-1295 du 31 août 2007) stipule que « Les professeurs d'éducation physique et sportive peuvent exercer une mission de conseiller auprès des maîtres du premier degré ». Ainsi des CPD-EPS sont conseillers techniques du DASEN. Leur rôle est de soutenir et fédérer l’action des CPC, d’assurer leur formation, ainsi que la cohérence à l’échelle d’un département dans le cadre d’une orientation académique (cohérence des projets EPS -savoir-nager, parcours artistique...- ; cohérence de la mise en œuvre des politiques éducatives -programmes, numérique, égalité garçons-filles, liaison CM2-6è...- ; cohérence dans la mise en œuvre pour assurer équité et efficience ; cohérence auprès des interlocuteurs, notamment collectivités territoriales et mouvement sportif (cf. convention MEN-CNOSF), etc.).

Les CPD sont parfois les seuls référents sur plusieurs dossiers (conseiller de prévention : politique d’hygiène et de santé, visites des centres avec ou sans nuitées, réglementation et agréments de tous ordres…). Leur rôle est donc bien différent de celui d’un CPC attaché auprès d’un IEN.
Or, le projet de texte ne prévoit plus de distinction entre CPC et CPD. Rien n’est dit sur la valence EPS dans chaque circonscription, rien sur la mission d’animation de l'équipe départementale EPS. De plus il est stipulé que le conseiller pédagogique est un généraliste, avec éventuellement une spécialité (EPS, Arts, LV…), fermant de fait la porte aux professeurs d’EPS. Le texte ne prévoit pas non plus de relation avec l’ESPE, alors que la cohérence entre formation initiale et continue est importante.
Le SNEP demande donc que la mission des CPD soit réaffirmée et leur mission de formateur confortée. Il demande que les professeurs d’EPS, conformément à leur statut, continuent à pouvoir bénéficier d’un accès à ces fonctions.

En l’état actuel des propositions ministérielles, nous sommes donc forcés de constater que sur plusieurs points et notamment sur la coordination en EPS, sur la coordination des districts UNSS, sur les CPD EPS, les propositions faites entraînent un recul important par rapport à la situation actuelle, alors que vous vous étiez engagé à ce qu’aucune catégorie ne soit lésée par les décisions qui seraient prises à l’issue des discussions sur le métier.

Enfin il n’est pas admissible que dans les discussions, l’administration ministérielle prenne prétexte du décret sur les 3h d’AS pour considérer que les enseignants d’EPS auraient, en quelque sorte, été déjà bien servis et pourraient ainsi accepter des reculs par ailleurs !

Nous souhaitons, Monsieur le Ministre, que soient entendues nos propositions et que les textes en préparation (fiches métiers) soient réécrites en conséquence.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de notre considération distinguée.


Serge CHABROL
Secrétaire Général

 

PJ : nos propositions d'amendements et remarques sur les fiches telles que présentées à la réunion du 2.12.13

Copie à MM. Lejeune et Mancel