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Edito de Benoît Hubert
Secrétaire général du SNEP
Octobre 2017

Des discours, de la reconnaissance symbolique aux actes…!

Etre fonctionnaire, être enseignant, être au service de la population nécessite un engagement quotidien, un travail de tous les instants au plus près de chacun-e de nos concitoyens. Ces métiers de conviction sont assumés avec fierté par l’ensemble des agents de la Fonction Publique qui agissent pour améliorer le quotidien de l’ensemble des Français. Dès lors, on pourrait s’attendre à ce que ces métiers, ces missions, soient reconnus et valorisés. Lors des catastrophes (climatiques, meurtrières) que nous avons eu à connaitre, leur rôle essentiel a été mis en avant. Les agents ont été remerciés, félicités… mais une fois l’émotion passée, des mesures visant à réduire le « coût » de la Fonction Publique, à s’attaquer au pouvoir d’achat des agents, à réduire leur nombre, pleuvent au nom du dogme de la réduction des dépenses publiques.

Dans l’éducation, et particulièrement en EPS, la même logique est à l’oeuvre. D’un côté, le ministre de l’éducation nationale n’a pas de mots assez forts pour les enseignants d’EPS : « les professeurs d’EPS ont toujours été à l’avant-garde de la pédagogie. Ils ont une capacité particulière à penser le système scolaire », il considère le sport, notre discipline EPS, comme de formidables vecteurs éducatifs qui constituent « un pilier essentiel de l’école de la confiance », il propose de développer les sections sportives, de créer des classes à horaires aménagés sport, de créer des filières métiers du sport… et de l’autre, il prévoit de revisiter l’arrêté du DNB sans aucune prise en compte de l’EPS, ne dit mot sur un éventuel toilettage de nos programmes disciplinaires et prépare des suppressions de postes dans le second degré qui, à n’en pas douter, impacteront notre discipline…

La volonté politique, si elle ne se traduit pas par des actes concrets, n’est que discours et rhétorique. De belles déclarations ne suffisent plus, passons maintenant au concret ! La reconnaissance du métier d’enseignant d’EPS doit passer par des mesures fortes : des contenus ambitieux, basés sur des pratiques culturelles de référence, des reconnaissances dans les examens terminaux, des formations initiales et continues de qualité, une reconnaissance salariale avec augmentation du pouvoir d’achat, une carrière revalorisée, …

Les attaques contre notre modèle social, la Fonction Publique, notre discipline, sont à combattre. Nous devons exiger les transformations nécessaires pour mieux vivre nos métiers et pour mieux en vivre. La période ouverte est difficile, il nous faut être vigilant et se mobiliser massivement pour faire entendre nos projets alternatifs, nos points de vue.

 

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