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Edito de Benoît Hubert
Secrétaire général du SNEP-FSU
Avril 2018

Réminiscence du dualisme cartésien : une défaite pour la pensée !

Nous connaissions Blanquer dans ses dispositifs « cours le matin, sport l’après-midi », « accompagnement éducatif »… qui faisaient des pratiques physiques et sportives des activités d’éveil, des suppléments d’âme sans réels savoirs à transmettre. Force est de constater que, maintenant, féru de sciences cognitives, notre ministre n’a pas évolué dans ses représentations. Nous avions eu un premier signal lors de la Journée du Sport Scolaire où sa communication s’est axée autour des échecs, puis un second avec son refus de réviser les programmes collège et de prendre en compte les acquisitions spécifiques dans le DNB.

Nous en avons eu la démonstration le 12 avril, lors du CSE !

La réforme du lycée supprimant les enseignements d’exploration et de complément en EPS pour leur substituer un enseignement optionnel hypothétique parce qu’en concurrence avec d’autres et financé sur les marges de manoeuvre, le SNEP-FSU portait l’amendement de la création d’un enseignement de spécialité. Le coût de l’opération (enseignement de spécialité en lieu et place de l’enseignement optionnel) était quasi nul, mais cela permettait de se mettre en conformité avec le texte qui place ces enseignements au coeur de l’accompagnement des élèves aux choix de leur orientation. Le millier de postulants en STAPS ne bénéficieront donc pas de cet accompagnement… Loin d’un désintérêt pour cette question, ce sont des questions idéologiques qui sont au coeur de la position de l’administration. A l’interpellation sur le fait que le Ministère aurait tout à gagner politiquement à inscrire l’EPS dans les spécialités, celui-ci a répondu qu’il ne « cherchait pas à gagner »… Ce qui est recherché est effectivement ailleurs.

Il s’agit de positionner différemment l’EPS dans le système éducatif en réduisant encore ses possibilités au sein des établissements et en minorant toujours plus son poids et sa place dans les examens. C’est la finalité de l’EPS contribuant à former un futur citoyen cultivé, lucide, autonome et physiquement et socialement éduqué qui est remise en cause. Nous pouvons nourrir les plus grosses craintes quant à la réforme des contenus à venir, tant la tendance est forte de bouleverser en profondeur le rôle et la place de l’EPS dans l’Education. L’idéologique et les orientations libérales poussant à une formation de futurs citoyens employables et adaptables, au développement et la généralisation des approches par compétence (LSUN, portefeuille de compétences, blocs de compétences…), et à la « dé culturalisation » de l’enseignement de l’éducation physique, les risques sont grands…

La mobilisation est plus que jamais nécessaire si nous ne voulons pas se voir déliter notre enseignement, se transformer le métier que nous avons choisi et pour lequel nous avons été formés. Ne laissons pas à d’autres le soin de dire ce qu’est l’EPS, ce qu’elle doit être, ce qu’elle doit apporter à chacun-e de nos élèves !

Il nous faut réagir vite et fort.

Le plan d’action développé par le SNEP-FSU doit prendre une nouvelle dimension et les interpellations doivent être massives pour enrayer le processus à l’oeuvre.

Toutes et tous dans l’action, visibles et revendicatifs pour notre avenir d’enseignants d’EPS et pour la discipline !

benoit.hubert@snepfsu.net

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