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Edito de Benoît Hubert
Secrétaire général du SNEP-FSU
Février 2018

Mobilisés pour l'EPS, l'école,... nos missions, nos conditions de services et de travail à venir

À l'heure où se dessinent de nouvelles modalités d'évaluation du baccalauréat et une nouvelle organisation du lycée après la réforme de l'accès (sélectif) au supérieur et la mise en œuvre à marche forcée de ParcourSup, la place et le rôle des disciplines dans le système éducatif sont interrogés. Pour nous, en Education Physique et Sportive, c'est l'occasion de faire le point entre discours et affichage politiques, enjeux sociétaux, enjeux de santé publique... et la situation réelle, vé- cue dans les établissements et de l'évolution qu'il a connue ces dernières années. Pour quelle EPS militons-nous, pour quelle école et quelle société ? Pourquoi nous sommes-nous engagés dans ce métier ? La situation que nous connaissons, ce qui se dessine au travers des différents projets de réforme, des décisions... Est-il en adéquation avec les représentations que nous avons de nos missions, du rôle social que nous avons à jouer au travers de notre enseignement ?

Le contexte dans lequel nous nous trouvons nécessite que soit sérieusement repensée la question du sport en France et de l'enseignement de l'EPS. De nombreux rapports émanant de l'académie de médecine, de la fédération de cardiologie, l'enquête Es - teban... nous rappellent constamment la croissance de la sédentarité des jeunes, la baisse des capacités physiques, les inégalités de pratique, le décrochage des jeunes en termes d'activité physique. Toutes les préconisations vont dans le même sens, il faut augmenter la pratique physique des jeunes (et des moins jeunes). Pourtant, loin de prendre en compte ces problématiques sociétales, le gouvernement, à travers les politiques publiques qu'il met en œuvre et les réformes mises en place fragilise l'enseignement de l'EPS à l'Ecole (seul lieu où toutes et tous pratiquent), déstructure et casse le service public du sport et son rôle dans les politiques du sport pour tous, en réduisant à peau de chagrin les capacités d'intervention du ministère des sports et son périmètre.

L'accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques en 2024 oblige le gouvernement à s'exprimer sur l'importance du sport, sur ses apports... Il en fait un axe de politique interministériel et annonce une politique qui se veut volontariste pour faire de la France une « nation de sportifs ». Mais au-delà des mots, des opérations de com- munication menées tambour battant à toutes les occasions, force est de constater que les décisions prises vont à rebours de cet affichage.

Aussi, ce bulletin est un appel à mobilisation car, mis bout à bout ou emboîtés les uns aux autres, les éléments pointés dans les pages qui suivent montrent un système cohérent qui constitue, de notre point de vue, une atteinte forte à l'enseignement de l'EPS. Ce bulletin sera suivi de dossiers thématiques pour approfondir et nourrir la réflexion, mais d'ores et déjà, il semble indispensable de hausser le ton pour ne pas laisser se dégrader davantage la situation de l'EPS.

Ce métier, nous l'avons choisi parce que nous l'aimons et parce que nous sommes convaincus que notre enseignement est indispensable à la formation d'un jeune. Nous avons à le défendre et à le promouvoir. Nous avons un ensemble de revendi- cations à porter et le moment est venu de le faire tous ensemble !

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