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Edito de Benoît Hubert
Secrétaire général du SNEP-FSU
Décembre 2017

L'EPS à un tournant

Chacun-e a en tête l’ensemble des signaux négatifs envoyé par le gouvernement sur notre champ spécifique (programmes toujours non revus, modification du DNB sans prise en compte spécifique de l’EPS, post bac, propositions dangereuses pour le bac, baisse des recrutements, …). Ces mesures sont à considérer dans un ensemble qui peut faire système si nous ne nous en emparons pas : une EPS marginalisée au collège qui deviendrait modulaire en lycée voire optionnelle en terminale pour une orientation vers les STAPS, le tout sur fond de baisse de recrutements… Quelle ambition pour notre discipline, pour les jeunes dans ces conditions ? A cette heure, aucune discussion sérieuse n’a eu lieu sur la place et le rôle que doit jouer notre discipline au sein du système éducatif pour la formation des jeunes. Cette situation ne peut plus durer et la voix de la discipline, des personnels, doit se faire entendre fortement. Si nous ne voulons pas nous laisser entraîner sur la voie d’une EPS « édulcorée » dans ses contenus, supplément d’âme sans valeur intrinsèque, sans intérêt premier pour les jeunes scolarisés, il faut que partout sur le territoire, en toute occasion, nous fassions part de nos exigences et revendications. Porter le débat dans tous les endroits et auprès de tous les décideurs qu’ils soient institutionnels ou politiques, est une nécessité. Si nous ne le faisons pas collectivement, nous laissons libre court à des projets « réformateurs » pensés par des technocrates éloignés de nos réalités professionnelles.

Permettre à tous de reprendre en main son métier, tel a été notre leitmotiv ces derniers temps. Nos propositions pour une transformation des programmes, pour une évaluation respectueuse des apprentissages réalisés en EPS, nos stages syndicaux autour des différentes activités physiques et sportives, autour des questions de service public et de la Fonction publique, de la carrière et de son évolution… visent par l’échange, la distribution d’informations, d’outils, …, à permettre à chacun-e de reconstruire du sens, de ne plus subir les injonctions parfois paradoxales et de se réapproprier notre métier, ainsi que de retrouver le plaisir à enseigner.

La période peut être difficile mais nous sommes dans un moment charnière ou tout, le meilleur comme le pire, peut arriver… Faisons en sorte collectivement que le meilleur advienne !

 

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