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Edito de Benoît Hubert
Secrétaire général du SNEP
Janvier 2017

Un besoin d’ailleurs

En cette semaine de rentrée, nombreux sont celles et ceux qui ont eu du mal à reprendre le cartable, à rechausser les baskets, … Pourtant, ce métier, enseignant d’EPS, on l’aime, on l’a choisi. Pourtant, travailler avec les élèves, les faire progresser, leur enseigner de nouvelles pratiques, manière de faire, manière de voir, de sentir, de réfléchir, les faire réussir, … sont des moteurs et un engagement professionnel source de plaisir, d’épanouissement, …

Les réformes multiples et conséquentes mise en application toutes en même temps, les questions professionnelles vives sur le plan programmatique et certificatif posent une chape de plomb sur l’investissement et le plaisir à enseigner. Injonctions contradictoires, flou artistique de nombre de mesures, réunions à n’en plus finir… sont devenus le lot quotidien des enseignants. Alors qu’un certain ras le bol s’installe dans les salles de profs, les débats autour des présidentielles et les parutions d’ « ouvrages » exacerbent une sorte de sentiment d’abandon : on veut « tuer le mammouth », supprimer 500 000 postes de fonctionnaires (combien d’enseignants ?), territorialiser l’éducation… Dans ce contexte, de plus en plus de démissions d’enseignants se font jour.

On ne peut rester les bras ballants face à cette situation. L’urgence est de reconstruire des solidarités collectives pour ne pas rester seul face à l’adversité, de faire preuve de fraternité pour venir en aide à celles et ceux qui sont le plus en souffrance et surtout, de ne pas céder à la résignation. Il faut continuer à faire entendre autour de nous que ce qui se passe dans le système éducatif ne va pas et proposer des alternatives, porter des revendications pour améliorer l’école pour la réussite de tous les élèves. Cela passe nécessairement par la reconnaissance de notre professionnalité et par l’amélioration sensible des conditions de travail. Cette lutte de tous les instants est nécessaire pour retrouver avec plaisir et envie le chemin de l’école, pour faire ce en quoi nous croyons et pour lequel nous avons été formés.

Au final, ce n’est pas tant d’un ailleurs dont nous avons besoin même si cela permet de se ressourcer, mais d’un autrement …

Solidarité, fraternité et pugnacité pour la construction d’un avenir meilleur sont les maitres mots que je formule pour les voeux de cette nouvelle année.


Bonne et heureuse année à toutes et tous !

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