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Edito de Benoît Hubert
Secrétaire général du SNEP-FSU
Mai 2018

Minorité active versus majorité silencieuse ?

Les motifs d’insatisfactions et de colère ne manquent pas un an après l’élection d’Emmanuel Macron. Les conflits sociaux sont multiples et quotidiens dans de nombreux secteurs. Dans la Fonction Publique, plus de 5 millions d’agents sont directement concernés par des projets qui veulent transformer durablement les missions, les métiers et le rôle social de chacun d’entre eux. Face à cette gravité, la FSU et ses syndicats analysent les différents projets, informent et construisent les mobilisations nécessaires pour faire entendre les revendications des personnels et le besoin de reconnaissance de leurs missions. Au lendemain de la mobilisation du 22 mai, non négligeable, le rapport de force que nous essayons de construire est encore loin de répondre aux enjeux lourds qui sont face à nous.

Si une majorité d’agents expriment leur malaise et leur mal-être sur les lieux de travail, le pas vers la mobilisation n’est, pour l’heure, pas franchi. Le risque est grand d’une instrumentalisation de la majorité silencieuse par une interprétation erronée : silence équivaut à acceptation…

Il ne faut pas laisser d’autres s’exprimer pour nous, il nous faut convaincre de l’utilité du mouvement social, des luttes, sans cacher qu’il s’agit de combats à la fois à court et long termes, de contestations et de propositions. Quelles que soient les formes retenues pour la poursuite du mouvement, et notamment au moment du rendez-vous salarial, il nous faudra répondre présents pour peser sur les négociations et freiner les velléités de blocage de nos salaires, de réinstauration de primes au pseudo-mérite, …

Dans le même temps, les dégradations concernant l’EPS continuent, avec une nouvelle diminution horaire dans le cadre de la réforme de la voie professionnelle. Le pilotage par le prisme des économies budgétaires et de dogmes idéo- logiques fait des ravages dont les effets seront dévastateurs une fois l’ensemble du système voulu par Blanquer en place. Nous ne pouvons plus attendre… À cet effet, le SNEP-FSU lance une nouvelle étape de son plan d’action en pro- posant une action nationale le 14 juin, au Trocadéro, pour mettre sur le devant de la scène nos problématiques.

Faisons entendre nos voix en tout lieu et à tout moment, participons aux mouvements sociaux pour dénoncer des réformes iniques… Bref, faisons vivre la démocratie et exerçons nos droits !

 

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