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Edito de Benoît Hubert
Secrétaire général du SNEP-FSU
Juin 2019

Tout est pour le mieux !

Pas d’inquiétude, le ministre de l’Éducation nationale travaille d’arrache-pied à l’amélioration du système éducatif. Il s’agit donc de lui faire confiance et de cesser toutes critiques et mobilisations, et si jamais votre confiance était toute relative, un texte de loi vous y enjoindra !

C’est dans ce contexte que le bilan social du ministère de l’Éducation nationale nous fait la démonstration des réussites de la politique conduite : le taux de réussite au DNB, que d’aucuns estiment qu’il est donné à tous, recule de 1,7 point, les démissions explosent (on passe dans le 1er degré de 332 démissions en 2014 à 861 en 2017, et, pour le 2nd degré, de 351 en 2014 à 538 en 2017), un tiers de postes au concours du CRPE de Créteil ne trouve pas preneur, le taux de précaires explose à 12% (de 2 730 en 2008 à 4 092 en 2017 pour le 1er degré et de 24 282 en 2008 à 39 791 en 2017 dans le 2nd degré)…

Nul doute que ces indicateurs montrent la grande réussite des réformes tous azimuts engagées par le ministre. Le malaise est de plus en plus grand pour les enseignants, les conditions de travail de plus en plus dégradées, leur professionnalité de plus en plus attaquée, leur expertise complètement niée, leur formation mise aux oubliettes… Il n’est plus question de réformes lorsqu’on atteint un tel niveau de résultats. Il s’agit ni plus ni moins d’un dynamitage !

La communication érigée en projet politique ne suffit plus pour masquer des réalités de plus en plus criantes. L’avenir de nos élèves est en jeu au travers de l’avenir de notre statut, de nos métiers, de nos missions, de nos rôles. Les parents ne s’y trompent plus quand ils soutiennent maintenant les mobilisations contre la politique éducative du gouvernement.

L’effet Blanquer s’érode et la réalité des impacts des réformes se fait jour. Nous ne pouvons laisser s’effriter plus avant notre modèle éducatif et notre modèle social. Ne rien faire en attendant des jours meilleurs présume d’une capacité de résilience qui sera extrêmement difficile. En cette veille de vacances, restons plus que jamais mobilisés pour la défense d’une école de la réussite de tous !

 

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