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Edito de Benoît Hubert
Secrétaire général du SNEP-FSU
Janvier 2019

« Il nous faut allier le pessimisme de l’intelligence avec l’optimisme de la volonté »
(Antonio Gramsci)

Chaque jour, l’actualité amène son lot de raisons de désespérer, de douter et, finalement, de se replier sur soi-même. Les médias montrent une réalité sociale empreinte de violences, de contestations, de protestations et font le contrepoint avec des situations économiques qui rendent indispensables les réformes en cours et à venir. Même si les intonations varient quelquefois, le TINA (There Is No Alternative) du courant libéral est ressassé à longueur d’antenne.

Pourtant, rien n’est inéluctable, rien n’est joué d’avance. Tout n’est qu’affaire de choix et de volonté. Mais face à un rouleau compresseur, il est difficile de donner sens et réalité à ses rêves, ses envies, pour un monde meilleur, plus juste et de paix.

Difficile n’est pas impossible, et l’utopie d’aujourd’hui peut devenir le réel de demain pour peu que les luttes lui donnent corps. Cette demande de justice sociale, fiscale, cette demande de construction d’une société avec un autre idéal et un autre horizon que celui du libéralisme débridé que nous connaissons, est le moteur et le carburant de toutes les mobilisations qui se développent sur les ronds-points (GJ), dans les hôpitaux, avec Les Stylos Rouges, dans les services publics, dans les entreprises, …

L’investissement dans les Services Publics et la Fonction Publique n’est pas un coût intolérable, comme on nous le répète, mais la volonté d’avoir partout sur le territoire des agents au service de la population. Ils sont le gage de plus de justice et d’égalité. Le service public d’Éducation est au coeur des transformations d’une société. Il permet à l’individu de s’émanciper, de s’approprier les codes et usages sociaux pour s’intégrer dans la société, de faire des choix éclairés, … C’est par lui, et avec lui, que se construit la société de demain. Celle qui est visée au travers des réformes actuelles, répond à des finalités contraires à ce que nous défendons : l’individualisme, la compétition, au sens le plus négatif du terme, le chacun pour soi, … et nuit à l’émancipation de tous et toutes, en enfermant les élèves dans des cases, en fonction de leurs origines, de qui ils sont, de là où ils sont.

Ces réformes doivent certes être combattues très vivement mais, dans le même temps, nous avons à revendiquer une autre construction de l’École, avec une autre ambition, pour un autre projet de société.

En cette année 2019, formulons donc le voeu que chacun-e trouve, dans le collectif, les raisons de l’espoir, dessine un autre avenir et participe des luttes essentielles pour que ce dernier puisse advenir. Bonne et heureuse année 2019 à toutes et tous !

 

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