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Edito de Claire Pontais
Ex Responsable nationale du SNEP-FSU - Responsable Formation des enseignants
Septembre 2018

Une nouvelle réforme de la formation se confirme, sur la base de différents rapports. La Cour des comptes entend «rationnaliser » la FDE, le sénat  (rapport sur le métier d'enseignant) propose que "les ESPE n'aient plus de formateurs propres". De son côté J-M Blanquer annonce des pré-recrutements, qui sont en fait un moyen de mettre les étudiants en alternance sur le terrain dès le M1. Il envisage une reprise en main des ESPE par l’employeur, et prône la bivalence pour les nombreux contractuels qu'il entend recruter.  Au final, derrière un discours sur l'attractivité du métier et la qualité de la formation se cache mal une politique uniquement basée sur la réduction des coûts.

Quel serait l'avenir de l'EPS dans la formation des futurs PE avec un concours en L3 (admissibilité) et des horaires de M1 réduits d'un tiers ou de la moitié avant l'admission en M1 ? Pour les professeurs d’EPS, une formation master encore réduite, a fortiori si elle était bivalente, signerait la fin progressive d’une corporation bien formée et attachée au développement corporel des jeunes.

Le SNEP-FSU a d’autres ambitions pour rétablir une formation de qualité : développer la pré-professionnalisation - sans charge de classe évidement !- dès la licence, cesser de réduire les horaires de master, réhabiliter les formations ancrées sur le disciplinaire et non sur la bivalence ou le transversal, en particulier redonner de l’importance aux pratiques physiques pour les PE comme pour les PLC, diminuer le temps de travail des stagiaires pour qu’ils puissent bien faire le lien terrain-formation, accorder les moyens aux ESPE et aux STAPS de façon à  offrir des parcours réellement diversifiés et diminuer la charge de travail des formateurs/trices, créer des postes de formateurs et développer la recherche, instaurer de réels pré-recrutements dès la licence, sans contrepartie immédiate, pour permettre à tous les étudiants de poursuivre leurs études dans de bonnes conditions.

La formation n’est pas un coût mais un investissement.  Se mobiliser pour empêcher ces dégradations programmées est vital pour l’Ecole en général et l’EPS en particulier. 

 

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