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Edito de Claire Pontais
Ex Responsable nationale du SNEP-FSU - Responsable Formation des enseignants
Novembre 2018

La nouvelle réforme de la formation se confirme avec un projet d'arrêté relatif aux masters MEEF et un nouveau référentiel de formation. Ces projets ne traitent du problème principal que connaît la formation aujourd’hui : l’utilisation des stagiaires comme des moyens d’enseignement, en responsabilité à l’année. Au contraire, le ministre entend étendre cette responsabilité en l'appliquant à des étudiants (AED) dès la licence. Par ailleurs, le ministre Blanquer envisage une reprise en main des ESPE par l’employeur et souhaite réduire le nombre de formateurs à temps plein dans les ESPE. Au final, le discours sur l'attractivité du métier et la qualité de la formation cache mal une politique uniquement basée sur la réduction des coûts, et la volonté de formater la formation.

Le SNEP-FSU a d'autres ambitions pour rétablir une formation d'enseignants concepteurs : développer la pré-professionnalisation - sans charge de classe évidement !- dès la licence, cesser de réduire les horaires de master, réhabiliter les formations ancrées sur le disciplinaire, en particulier redonner de l’importance aux pratiques physiques pour les PE comme pour les PLC, diminuer le temps de travail des stagiaires pour qu’ils puissent bien faire le lien terrain-formation, accorder les moyens aux ESPE et aux STAPS de façon à offrir des parcours réellement diversifiés et diminuer la charge de travail des formateurs/trices, créer des postes de formateurs et développer la recherche, instaurer de réels pré-recrutements dès la licence, sans contrepartie immédiate, pour permettre à tous les étudiants de poursuivre leurs études dans de bonnes conditions.

La formation n’est pas un coût mais un investissement. Se mobiliser pour empêcher ces dégradations programmées est vital pour l’Ecole en général et l’EPS en particulier.

 

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