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Secteur Sports - Edito de Gwénaëlle Natter, Secrétaire nationale - Secteur Sport
Juillet 2018

Héritage des JOP 2024 : non à la disparition du Ministère des sports !

Lors de l'attribution des jeux de 2024 à la France, il y a moins d'un an, qui aurait pu imaginer qu'on évoquerait aujourd'hui la disparition du Ministère des Sports ? Si certains avaient peut-être déjà cette idée en tête, les profs de sport et les CTPS ont majoritairement voulu croire à une embellie : le ministère allait sans doute se donner les moyens de ses ambitions ! Pour atteindre l'objectif des 80 médailles tout en développant le sport pour tous, il allait s'appuyer sur l'expertise technique et pédagogique de ses agents et renforcer le soutien aux projets associatifs des clubs, qui sont au cœur du dispositif.

Après un premier signal positif avec l'annonce de la revalorisation des carrières des PTP JS (PPCR), les mauvaises nouvelles se sont succédées : budget des sports en diminution, réduction des effectifs, retard dans les promotions à la classe exceptionnelle des PTP, baisse des crédits d'intervention et recentrage des priorités (les clubs ne sont plus soutenus pour leur activité de base qui consiste à organiser la pratique, les stages et compétitions, les formations).

S'en est suivie l'annonce de la création d'une agence pour le sport, avec une direction de la haute performance d'une part et une direction du développement des pratiques d'autre part, ce qui  laisse peu d'espoirs sur les missions qui pourraient rester dans le giron du ministère des sports. S'il ne reste que le régalien, à quoi bon conserver un ministère et une Administration spécifique ? Nul besoin d'experts techniques et pédagogiques pour faire du « contrôle », cette mission n'est d'ailleurs pas prévue dans nos statuts.

Pour autant, le nouveau modèle sportif sera-t-il plus efficace et efficient ? On peut en douter.
Concernant l'objectif de médailles, est-il pertinent de changer l'organisation du sport français à moins de 2 ans des jeux de 2020 à Tokyo et 6 ans de Paris 2024 ?
Concernant le développement des pratiques, est-il judicieux de diminuer le soutien aux associations sportives pour recentrer les aides vers les activités libres et/ou commerciales ?
L'avenir nous le dira…

En attendant, reprenons des forces, le combat va se poursuivre dès la rentrée sur notre terrain spécifique, avec un SNEP-FSU renforcé (progression de la syndicalisation,) comme sur celui des luttes générales. Et pour défendre une société plus juste, il conviendra de voter pour le SNEP et la FSU lors des élections professionnelles de décembre 2018.
Bonnes vacances !

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