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Rubrique Retraités - Edito de Benoît Hubert
Secrétaire Général du SNEP-FSU
Janvier 2019

Une conscience de classe qui s'éveille

Les mobilisations, que ce soit celle des Gilets Jaunes, celle sur le climat, des étudiants, des lycéens, des enseignants, des hôpitaux, des retraités, ..., pointent toutes, d'une manière ou d'une autre, des inégalités devenues insupportables, des conditions de vie de plus en plus difficiles, un avenir toujours plus incertain. Pendant qu'une minorité profite allègrement d'un système libéral, accompagné de politiques et de mesures la favorisant, la majorité est confrontée à des conditions de travail dégradées, à un tri social flagrant, à un pouvoir d'achat en diminution.

Si la taxe sur les carburants a pu être le déclencheur d'une crise ouverte mettant en difficulté le gouvernement, elle n'en est pas la raison majeure et les ressorts en sont bien plus profonds. Les réponses, ou plutôt les non réponses du président Macron, ne satisfont en rien les exigences portées par ces mouvements. Refusant de réinstaurer plus de justice sociale et fiscale, les quelques mesures envisagées seront financées par la poche même de celles et ceux qui manifestent. Pris sur le budget de l'État grâce à une nouvelle réduction des dépenses publiques (donc sur les services publics et la Fonction publique), l'argent « redistribué » proviendra des impôts de celles et ceux qui contribuent le plus : les classes moyennes, puisque le gouvernement refuse de revenir sur des mesures iniques comme la fin de l'ISF, l'exit taxe, ... Un système donc autofinancé, avec en prime, une désertification toujours plus grande des services publics sur tous les territoires.

La lutte des classes qui a cours, depuis de longues années, atteint un tel niveau, qu'elle éclate au grand jour pour tout le monde. La paupérisation des uns faisant la richesse des autres est un système qui n'a que trop duré et l'absence de réponse de fond (quand on ne veut pas répondre, il est d'usage soit de créer des commissions, soit de créer des grands débats...) ne fera qu'envenimer la situation.

Même si la trêve des confiseurs éteint les mouvements, comme en fait le pari le gouvernement, cette colère sourde ne s'apaisera pas pour autant.

Le syndicalisme a une responsabilité, celle de continuer et de pousser plus avant les revendications qu'il porte depuis très longtemps. Les stratégies d'appareils devraient pouvoir être mises de côté pour créer ce mouvement de masse, seul à même de gagner.

En attendant, le SNEP et la FSU continueront de peser pour que ce mouvement prenne corps, et développe - ront des mobilisations sur leurs secteurs, dans la Fonction Publique et dans l'Éducation.

Bonne année à toutes et tous !

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