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Rubrique Retraités - Edito de Benoît Hubert
Secrétaire Général du SNEP-FSU
Septembre 2017

Casse des solidarités généralisée

Jour après jour le projet de « révolution » sociale prôné par le Président de la République se dessine. Il promeut une société qui ne serait que l’agrégation d’une somme d’individus dans laquelle chaque citoyen serait responsable de sa propre situation, de son parcours, de ses réussites comme de ses échecs. Il veut marquer la fin de toutes les solidarités. On le voit au travers de sa politique économique et sociale, les projets d’ordonnances sur la Loi Travail ; on le voit sur le plan social avec la « création » d’un délit de solidarité et les nombreux procès des aidants aux migrants mais aussi au travers sa volonté de réformer les retraites ou de s’attaquer au pouvoir d’achat des retraités considérés comme une charge car non « productifs »… Les retraités comme la Fonction publique entrent une nouvelle fois dans le champ des variables d’ajustement d’un budget que l’on veut contraindre, politique d’austérité oblige pour se conformer à la doxa européenne. Dans le même temps, les cadeaux vers les entreprises, le grand patronat continuent et fracturent toujours plus la société en plaçant le capital aux mains de quelques-uns au détriment du reste de la population de plus en plus précarisée, de plus en plus pauvre. Ces vieilles recettes ont pourtant fait preuve de leur complète inefficacité mais, enfermés dans un modèle de pensée unique, nos gouvernants font l’analyse que le manque de résultats provient du fait que les réformes structurelles ne seraient pas allées assez loin…

Les luttes contre cette politique libérale se développent. Au côté de mobilisations sectorielles, la riposte contre les ordonnances loi travail (déjà deux journées de mobilisation), la perspective d’une action Fonction publique dans un périmètre inédit depuis dix ans, l’action des retraités pour leur pouvoir d’achat le 28 septembre prochain participe d’un mouvement global contre un projet de société, une vision qui est aux antipodes du projet que nous défendons pour plus de paix, de justice sociale, de partage, de solidarité. Se mobiliser massivement le 28 septembre n’est pas anodin et doit être le marqueur d’une volonté de refus de la partition et de la division sociale. Sans emploi, jeunes, retraités, entrepreneurs, fonctionnaires, salariés du privé… ne sont pas des dossiers à instruire de manière déconnectée, ils sont la société ! D’autres choix sont possibles et doivent être faits, c’est ce qu’il nous faut faire entendre fortement dans les différents mouvements.

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