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Rubrique Retraités - Edito de Benoît Hubert
Secrétaire Général du SNEP-FSU
Juin 2017

Notre modèle social en danger !

Notre nouveau président « et de droite et de gauche », qui se veut un président dépassant les partis en prenant les « meilleures idées» d’où qu’elles viennent, pragmatique et rassembleur, montre, au travers ses choix, une idéologie libérale marquée. Loin d’être un président « normal », son début de mandat entre dans une conception d’hyper présidentialisme, les journalistes allant même jusqu’à évoquer un président « jupitérien ». Autour d’un gouvernement resserré avec des ministres régaliens issus de la droite, il régente tout jusqu’à la feuille de route des différents ministres en lieu et place du premier ministre… Toute son action, issue de son programme (pour une fois, il n’y a pas « tromperie sur la marchandise ») est tournée vers l’individu, renvoyé à ses choix personnels. Le maître mot est donc liberté avec son corollaire : responsabilité.

Avec ce libéralisme à l’américaine, on assiste aux prémices d’un détricotage complet de notre modèle de société fondé sur la solidarité, le vivre ensemble et non les uns à côté des autres, la justice sociale fondée sur des garanties collectives… Une société, une nation, doit être plus que la somme des individus qui la composent !
Les premiers marqueurs de ces orientations peuvent être trouvés, par exemple :
• dans son projet de réforme des retraites, mixte entre comptes notionnels et retraite par points,
• le basculement des cotisations salariales des assurances chômage et maladie vers la CSG faisant monter la part de l’impôt dans le financement de la protection sociale,
• le projet de réforme du code du travail qui envisage d’aller plus loin que la précédente en valorisant davantage encore les négociations au sein de l’entreprise…

Les arguments de bon sens, les expressions visant à laisser croire un plus grand égalitarisme des mesures, une plus grande justice, ont un réel écho dans la population et la stratégie employée pour diviser les forces syndicales augure mal des mobilisations à venir pourtant nécessaires.

Notre syndicalisme aura une responsabilité forte pour expliquer, décoder, décrypter les différents projets et les arguments avancés pour permettre à chacun-e de disposer des informations nécessaires et des analyses pour comprendre la situation, défendre notre modèle social et revendiquer de nouveaux droits. A quelques heures des législatives (au moment où sont écrites ces lignes), les enjeux sont forts !

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