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Rubrique Retraités - Edito de Benoît Hubert
Secrétaire Général du SNEP-FSU
Juillet 2018

Ne jamais rien lâcher !

Le président de la République et son gouvernement mènent une lutte sans merci contre tous les acquis sociaux, les systèmes solidaires et les plus démunis. Après avoir ponctionné les retraités via la CSG, gelé leurs pensions, il prévoit - maintenant de s'attaquer aux retraites futures et aux minima sociaux… « Droit dans ses bottes », il n'écoute rien ni personne et se moque ouvertement des milliers de personnes qui défilent régulièrement pour contester ses orientations et sa politique. A chaque journée de mobilisation, comme celle des retraités du 14 juin, nous avons droit à de nouvelles saillies : les minima sociaux coûtent « un pognon de dingue », il faut « responsabiliser les pauvres »… Ce mépris de classe est de plus en plus insupportable et ce, d'autant plus, quand on rapproche ces propos, des milliards d'euros de cadeaux faits à la finance et aux plus riches.

Dans une société fracturée où toutes les solidarités sont attaquées, le repli sur soi, l'autoprotection, le désir d'essayer de s'en sortir par soi-même, sont des réponses « naturelles » mais ce faisant, permettent l'installation d'une politique qu'il nous faudrait combattre vigoureusement. Les mobilisations sociales existent mais peinent à être suffisamment massives pour enrayer le processus, parce que le projet global est insuffisamment perceptible. La prochaine réforme des retraites peut être ce moment particulier, faisant le liant entre toutes les générations et toutes les catégories, parce qu'elle s'attaquera à quelque chose de commun à tous et toutes : pouvoir vivre dignement de sa retraite, en bonne santé et dans de bonnes conditions.

Certes, pour l'heure, les mouvements de contestation ne « gagnent rien » de manière globale, mais ici ou là sont engrangés des petites victoires, des petits reculs qu'il ne faut pas négliger. Des voix discordantes commencent à se faire entendre au sein de la majorité, des remises en cause sont toujours possibles et il est indispensable de ne rien lâcher. « Vivre, c'est lutter contre ce qui empêche de vivre » disait Reverdy et la lutte est ce qui permet de faire vivre un idéal, un espoir dans un monde meilleur. Elle est indispensable à tous, parce qu'elle imagine des perspectives pour une vie meilleure. C'est par elle que naitront les victoires futures.

Cette année aura été difficile, mais aussi réjouissante dans les solidarités qui auront pu se construire avec les mobilisations, la suite le sera tout autant si nous ne perdons pas de vue nos visées. L'été sera un moment particulier pour se ressourcer et rassembler nos forces pour être prêts, dès la rentrée, à continuer ce combat.

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