|

La formation initiale des profs d’EPS

Pour le SNEP, la formation initiale ne se limite pas aux deux années de formation à l’IUFM, elle dure 5 ans, comprend une période de 3 ans de formation universitaire intégrant de la pré-professionnalisation en STAPS, une année de préparation au CAPEPS, une année de formation professionnelle en alternance IUFM-terrain, se poursuit par un accompagnement à l’entrée dans le métier et ensuite par la formation continue.
Cette conception ambitieuse de la formation a été mise à mal par les 3 derniers ministres qui poursuivent des objectifs contradictoires : assurer le renouvellement d’une grand partie de la profession, " améliorer " la formation des enseignants et en même temps faire des économies budgétaires.
Nous ré-affirmons que la formation des enseignants n’est pas un coût mais un investissement pour répondre aux défis de la démocratisation. Le renouvellement des enseignants ne doit pas être un obstacle mais au contraire une occasion pour assurer une plus grande professionnalité à des enseignants concepteurs, formés au travail en équipe, à l’esprit critique.
Or, la réforme des IUFM et la réforme des universités dite réforme du LMD fragilisent fortement les formations de profs d’EPS.
Le projet de réforme des IUFM concerne toutes les disciplines. Il contient le risque d’une coupure entre Université et IUFM, avec d’un côté de la théorie, des savoirs académiques et de l’autre la pratique, " la formation tout terrain " et au milieu un concours qui ne pourrait être qu’un contrôle de connaissances coupé de toute préprofessionnalisation.
Cette réforme se nourrit d’un côté des insuffisances des IUFM sans moyens véritables qui ont de réelles difficultés à répondre aux besoins de formation des stagiaires et de l’autre côté de la faiblesse de l’université en matière de pré-professionnalisation dans les maquettes universitaires ; situation pour le moins paradoxale quand on sait que l’Université s’affiche aujourd’hui comme " professionnalisante " et doit pour répondre aux besoins orienter un quart de ses étudiants vers les métiers d’enseignement.
La réforme des universités prévoit la disparition des STAPS à partir du Master. Cela pose le problème des niveaux de qualifications pour les enseignants mais aussi les autres métiers du sport. La disparition des doctorats STAPS pose le problème de la production de connaissances dans ce champ spécifique et tout particulièrement de celles relatives à l’EPS. Jusqu’à la Licence, elle aggrave les dérives déjà constatées et semble enterrer pour de bon la formation des profs d’EPS telle qu’elle s’est constituée historiquement : forte baisse des pratiques physiques, quasi-suppression des modules pré-pro et coupure de plus en plus nette entre savoirs académiques et savoirs sur les APS.
Au milieu de ces deux réformes, le CAPEPS – qui est à rénover - risque d’y perdre sa spécificité d’autant que le Ministère veut, là aussi, faire des économies. Le SNEP fait des propositions pour que le contenu du CAPEPS " tire " les formations STAPS
vers le haut. Si son contenu était appauvri, à coup sûr les formations STAPS dériveraient
encore plus.

Quelles revendications prioritaires pour éviter des dégradations et obtenir un pas en avant ?

  • Pour les diplômes STAPS : il faut développer l’emploi en général et porter le recrutement au CAPEPS à 1500 postes annuels minimum, harmoniser les diplômes STAPS par rapport à ceux du ministère des sports ; augmenter les débouchés vers le professorat des écoles en rendant effective la formation à dominante (en formation initiale et continue) ; il faut créer des postes d’enseignants pour améliorer l’encadrement et réduire l’échec des étudiants en DEUG. Il faut développer un champ de connaissances STAPS avec des recherches didactiques, technologiques et professionnelles et le mettre en relation avec une élévation du niveau de recrutement des enseignants au niveau de la maîtrise. La formation IUFM doit pouvoir être validée par un master.
  • Pour l’IUFM : une diminution de temps de travail en PLC2 à 6h permettrait d’avoir le temps d’une formation qui articule vraiment travail didactique, mémoire, analyse de pratiques et formations générale et commune ; cela suppose de sortir les PLC2 de la DHG, l’établissement d’accueil pouvant devenir alors un véritable lieu de formation.

Il faut des équipes de formateurs stables ayant des conditions de travail (décharges pour les formateurs associés et les conseillers pédagogiques) leur permettant de s’engager eux-mêmes dans des formations diplômantes ou non en liaison avec la recherche. Leur recrutement doit se faire en toute transparence. Une formation à l’analyse de pratiques constitue un minimum indispensable pour les CP.