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Programmes

Nous sommes arrivés à la fin de la phase institutionnelle consistant à doter chaque niveau scolaire d’un programme en éducation physique. Les derniers ont été ceux de l’école primaire et des lycées professionnels. Mais déjà la relecture des programmes pour le collège a été décidée par Luc Ferry, et les premières propositions nous parviennent.
Il est nécessaire de faire un premier " rapport d’étape ".La première constatation est partagée par un grand nombre d’enseignants : le processus institutionnel tel qu’il est conçu aujourd’hui ne permet pas de véritables avancées professionnelles. La méthode utilisée (désignation des experts, non prise en compte des organisations professionnelles…) ainsi que les moyens mis en œuvre ne nous paraissent pas acceptables.
Tous nos congrès depuis le début des années 90 donnent une orientation identique à notre action : le sens de l’école, concernant notre discipline, c’est de promouvoir une éducation physique de qualité, facteur de bien être et de santé, pour permettre l’appropriation critique par chacun du patrimoine physique et sportif, pensé simultanément comme un moyen et un but d’éducation. C’est encore la fonction de l’école que de permettre à tous les élèves de devenir " physiquement éduqué ".

Fondamentalement, les programmes doivent répondre à plusieurs préoccupations :
• Donner un sens, une trajectoire à la discipline en l’inscrivant prioritairement dans des objectifs spécifiques et originaux qui fondent son existence dans le système scolaire,
• donner des indications précises sur les acquisitions visées à chaque étape de la scolarité,
• définir, simplifier, préciser, uniformiser les termes utilisés (compétences…). Il serait temps d’afficher dans ce domaine un peu plus de rigueur et d’apporter aux notions une validité professionnelle et scientifique ;
• donner aux enseignants des points d’appui pour lutter contre l’échec, en particulier en faisant des propositions pour l’éducation physique des filles ;
• faire des choix, en fonction des niveaux, pour que chacun puisse accéder à un socle commun de compétences et de connaissances, dont par exemple le savoir-nager est le plus emblématique ;
• rappeler qu’une EP de qualité ne peut se faire sans des espaces et des installations
adaptées ;
• rappeler enfin l’importance du temps de pratique pour les jeunes : dans un système inégalitaire où l’accès aux pratiques physiques est lié aux conditions socio-économiques, l’école doit renforcer ses exigences.

Sur la méthode
Nous constatons que la transparence et le souci de produire de la cohésion n’est que trop rarement une préoccupation majeure de l’institution. Nous demandons que la profession soit systématiquement associée aux démarches de mise en place et de suivi des programmes, dans le but de produire, dans les 5 ans, un véritable consensus professionnel,
• à partir d’un réel bilan, à grande échelle, de ce que produisent les programmes pour les élèves et la discipline ;
• en mettant en place des moyens en formation continue pour s’approprier et faire évoluer les textes ;
• en créant des observatoires dans chaque académie, dont la composition devrait inclure les organisations professionnelles ;
• en organisant, en association avec les IUFM, de réelles expérimentations basées sur des innovations contrôlées ; la recherche portant sur l’éducation physique doit être développée et encouragée, ce pourrait être un facteur de progrès ;
• en faisant jouer à l’inspection pédagogique une fonction d’animatrice du débat pédagogique ;
• en donnant évidemment les moyens de mener ce processus à son terme.

Les enseignants d’EPS veulent que l’on prenne le temps d’évaluer ce que produit le système, et que les évolutions à venir soient fondées, opérationnelles et visent prioritairement l’élévation du niveau de formation physique et sportive de tous les élèves