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Mandat de congrès de Guidel (28 mars au 1er avril 2011)
Reconquérir la formation continue

 

La formation continue des enseignant(e)s est actuellement en péril, et pour l’EPS, de plus en plus déléguée à des opérateurs privés. L’EPS a beaucoup perdu sur ce terrain, notamment en ce qui concerne le travail en équipe et la confrontation d’expériences. Le gouvernement souhaite limiter les formations aux instructions ministérielles et en faire un outil de GRH, avec une FPC individualisée, hors du temps de travail et en relation avec les carrières. Il vient de proposer le DIF (Droit individuel de formation), qui existe dans toute la fonction publique et donne droit à 20h de formation par an cumulable jusqu’à 120h, mais il le limite aux formations pour reconversion. Ce nouveau droit doit au contraire renforcer les acquis et offrir collectivement des possibilités de formation nouvelles. La FPC doit avant tout rester centrée sur le cœur du métier que sont les APS. Cet ancrage disciplinaire doit être complété par des formations en équipe d’établissement, sur des projets pluridisciplinaires et des thèmes transversaux prenant en compte les divers besoins du métier ; ceci à différents niveaux (secteurs, départements, académie). La FPC doit permettre l’accès aux productions didactiques issues de la recherche, favoriser les réflexions collectives (connaissances des APSA, programmes, évaluation…) et en organiser l’analyse critique pour permettre une mise à jour des connaissances répondant aux préoccupations des enseignant(e)s et favoriser les liens intergénérationnels

Le SNEP demande une revalorisation significative des moyens attribués à la FPC. Nous demandons que 10% de notre temps de travail soit consacré à la formation avec la mise en œuvre effective minimum de 5 jours par an. La formation continue ne doit pas être réduite aux stages à public désigné dont le contingent doit être dissocié de celui du droit à formation. L'enseignant(e) doit avoir le choix de sa formation continue, sans possible interdiction du chef d’établissement d’y participer.

Des congés formation de type nouveau doivent, à tout moment de la carrière, être accessibles à chacun(e) (congés permettant de libérer une journée par semaine, de faire des stages longs sur plusieurs semaines, de faire de la co-intervention, etc). Chacun(e) devrait avoir droit à une année sabbatique au cours de sa carrière. La possibilité pour les personnels de profiter pleinement de la FPC nécessite un volume de remplaçants suffisant.
L’éloignement des décisions relatives à la FPC est préjudiciable à la qualité de la formation (le vécu des professionnels est évacué des réflexions) et à la quantité des collègues formés. La phase préparatoire aux formations doit permettre l’implication des enseignant(e)s (qui seront formé(e)s) et de véritables structures démocratiques décisionnaires doivent exister. Le choix des contenus des formations doit être discuté dans ces instances de façon tripartite : équipes pédagogiques, IA IPR EPS, IUFM/Université. L’évaluation des dispositifs doit être mise à disposition de la profession. Le SNEP appelle les collègues  à investir les différentes structures existantes en tant que formateurs, coordonateurs  afin d’en faire des lieux d’échange d’expériences professionnelles.

Des observatoires de pratiques, associant les organisations syndicales doivent être mis en place de manière effective dans toutes les académies de façon à mieux repérer et combattre les inégalités scolaires et évaluer les besoins de formation avec les enseignant(e)s.
Des recherches collaboratives entre chercheurs(ses) et enseignant(e)s, permettant l’innovation, doivent être développées en relation avec les STAPS, les IUFM et l’INRP.

Le SNEP reprendra à bras le corps ce dossier en multipliant les initiatives vis-à-vis des collègues pour :

  • obtenir à minima que chacun(e) bénéficie de 5 jours de FPC par an, prioritairement sur les contenus des APSA en lien avec la réussite de toutes et tous,
  • imposer dans chaque académie une modalité de gestion disciplinaire de la FPC, avec un(e) responsable EPS et une transparence des critères d’attribution de stages académiques,
  • un développement (ou rétablissement) des stages de secteur géographique, avec un(e) coordonnateur(trice) disposant d’une décharge,
  • exiger une formation pour toutes les tutrices et tuteurs de stages licence/master/FS,
  • exiger une formation de formateurs(trices) intégrée dans le service,
  • offrir à tous la possibilité, sous forme de décharge horaire, de s’investir dans des équipes de recherche, sur des projets dont la finalité est l’enseignement,
  • solliciter les formateurs STAPS* et IUFM. Ceux-ci devraient avoir l'encadrement de la FPC dans leurs services.

Le SNEP propose d’utiliser la structure syndicale (les stages syndicaux) et notamment le Centre EPS et Société pour des formations sur le métier, le contenu des APSA et la réussite de toutes et tous afin de faire de ces questions, des espaces de conception, de propositions et de conquêtes professionnelles face aux tentatives de normalisation des contenus menées par certains corps d’inspection.