Les contributions

NTICE, B2I, C2I, C2I2E ET EPS : PENSER PROGRAMMES SCOLAIRES, FORMATION DES ENSEIGNANTS, RECHERCHE ET INNOVATIONS

Par Michel Calmet, Faculté des Sciences du Sport de Montpellier

calmet

Préambule :

Les technologies d’information et de communication pour l’enseignement sont susceptibles d’améliorer l’efficacité et la qualité de l’enseignement et l’engagement des élèves. Appliquées à une discipline scolaire, elles facilitent une appropriation du savoir, par un accès progressif aux processus de formation en autonomie et d’apprentissage individualisé. Une initiation à l’analyse de cette discipline scolaire permet aux élèves de conduire leur travail de façon autonome. Elle peut se compléter d’une initiation au développement de la communication au sein de la classe, dans et hors de l’établissement (utilisation de l’internet). Pendant les enseignements, les technologies nouvelles permettent aux enseignants d’analyser les prestations des élèves, d’identifier les problèmes d’apprentissage en utilisant la vidéo numérique, de différencier les contenus d’enseignement, d’adapter la discipline scolaire selon les niveaux en analysant les données recueillies. Ces technologies favorisent aussi l’accès à des fonds documentaires numérisés, comme des banques de données d’images, de schémas et de vidéo essentielles dans l’analyse de la discipline scolaire, comme les banques d’images et de données sur l’intervention en milieu scolaire. Elles permettent aussi l’utilisation des logiciels de soutien à l’intervention de l’enseignant qui favorisent l’utilisation de données prises en direct sur le terrain, ou de logiciels « experts » dans une gamme étendue d’activités applicables aux groupes (pour l’enseignant) ou applicables à une personne (travail autonome de l’élève) (…)

Télécharger le PDF

separateur

Manifeste pour un traitement didactique des activités physiques de combat

Par Michel Calmet, Faculté des Sciences du Sport de Montpellier

calmet_michelHistoriquement deux activités sportives sont inscrites dans tous les programmes de l’Education Nationale  depuis la Révolution Française de 1789 : la danse et les activités physiques de combat (APC).
Les instructions définissant les programmes (Instructions Officielles de 1967) prévoyaient que les (APC) représentent 5% des activités enseignées en éducation physique et sportive (EPS). Dans les programmes où sont mentionnées les 8 groupes d’activités physiques sportives et artistiques (APSA), une pratique équilibrée entrainerait 12,5% (1/8) d’APC en collège. En 2010 les programmes demandent d’atteindre en collège des compétences de niveau 2 dans les APSA, soit 2 fois 10h de pratique. De nombreuses transformations ont eu lieu dans les APSA ces dernières années: passage du triple saut au pentabond; arrivée dans les programmes de nouvelles APSA en milieu scolaire comme les arts du cirque, l’acrosport ou mise à l’écart dans les programmes des courses de vitesse sans obstacle.
Bien qu’il y ait 3 grandes familles d’APC (luttes, boxes, escrimes) le temps consacré aux APC est au mieux de 20h en collège, soit 5% des horaires d’EPS. Ce faible taux se répercute au lycée : peu de pratique en collège implique pas de programmation en lycée. Les APC restent toujours à ce jour une pratique marginale en EPS .
L’occasion de ce manifeste pourrait nous permettre de (re)visiter quelques données sur les APC pour nous amener à concevoir un traitement didactique différent, à porter un autre regard sur les APC enseignées en milieu scolaire (…)

Télécharger le PDF

separateur

Point de vue d’un psychologue enseignant-chercheur en STAPS

Par Denis Lemercier, MCF en STAPS (psycho)

denis_lemercieChers camarades,

Comme bien des textes du SNEP, cette « Contribution à la Refondation de l’école » est intéressante. Elle est également offensive. Je vais néanmoins essayer de l’enrichir du point de vue qui est (ou fut) le mien, celui d’un psychologue enseignant-chercheur en STAPS. Je prendrai les questions dans l’ordre où elles apparaissent dans le texte en m’arrêtant parfois sur des éléments récurrents. J’indiquerai en italique les citations extraites du projet de texte.

«Viser le développement complet des jeunes ». C’est une finalité dont je partage tout à fait le principe mais je préférerais la formulation suivante : « Visser le développement sans fin ( ou, illimité, ou encore, sans limites) des jeunes aujourd’hui ». Je préfère cette formulation car elle correspond à  une conception de la personnalité qui renvoie au potentiel infini de l’humanité, au plan social et au plan personnel (…)

Télécharger le PDF

separateur

Pour poursuivre la réflexion sur le manifeste

Par J. Marsenach – avril 2013

La notion de « refondation » implique, me semble-t-il deux contraintes : se projeter dans le futur (et de ce point de vue, je trouve que le manifeste 3 actuel reste trop dans une critique de l’existant) et le repérage de priorités compte tenu du contexte. Je fais donc quelques propositions ci-dessous en tentant de respecter ces deux contraintes.

 A quelles priorités faudrait-il s’attaquer aujourd’hui ?

J’en propose 3 :

–         La notion d’éducation physique et sportive, discipline d’enseignement.
–         Les contenus d’enseignement et les apprentissages des élèves.
–         La formation des enseignants.

Pour chacun de ces points je préciserai, avant quelques propositions, pourquoi je leur confère le statut de priorités.

La notion d’éducation physique, discipline d’enseignement. Je crains fortement l’externalisation de ce qui est le plus couramment appelé : les sports ou les activités sportives et artistiques à l’école. (cf. les débats sur les rythmes scolaires). On apprend que les services municipaux interviennent depuis longtemps et de multiples manières sur le temps scolaire ; que la famille, l’école , les espaces culturels et les loisirs sont autant de milieux qui jouent un rôle dans le développement de l’enfant, différents mais complémentaires et tous nécessaires ; que certaines municipalités (celle de St Ouen, dans l’article auquel je me réfère) appellent « à la co-élaboration de projets et à la construction d’un programme de réussite scolaire (…)

Télécharger le PDF

separateur

Des contenus d’enseignement complexes ? Pas si simple. 

Par Christian Couturier, professeur d’EPS, secrétaire national du SNEP

couturierUne véritable refondation de l’Ecole ne peut avoir lieu sans une refondation des contenus d’enseignement. Cela passera en premier lieu par la refonte des programmes scolaires, accompagné d’une réflexion rénovée sur la ou les pédagogies mises en œuvre, pour la grande masse des enseignants. Ce sont en effet des transformations de masse qui sont nécessaires, pas du replâtrage idéologique.

Déconstruire
L’objectif annoncé de toutes les politiques scolaires depuis 30 ans est de lutter contre l’échec scolaire. Pourquoi échouent-elles, toutes ? Et pourquoi la refondation annoncée, sauf revirement de situation, va-t-elle échouer également ? Parce qu’elles sont toutes bâties sur un consensus des décideurs autour d’un cadre de pensée implicite, qui repose sur plusieurs idées qui font système. D’abord une « naturalisation » de l’échec et donc des flux scolaires : il y en a qui peuvent, d’autres non. Cette naturalisation peut être basée sur l’idéologie des dons ou sur la notion de handicap socio-culturel, les différences sexuées, la culture religieuse…. Cette conception implicite ou explicite, appelle bien souvent, sauf à être cynique et clairement élitiste, une préoccupation humanitaire : comment en sauver le plus grand nombre ?  La solution immédiate est celle du décalage de curseur. Par exemple (…)

Télécharger le PDF

separateur

Manifeste pour l’EPS – Contribution personnelle 

Par Paul Goirand – 16 février 2013

paul_goirandJe choisis quelques points du document du bureau national sans remettre en cause l’ensemble du texte qui est déjà une prise de position sur la nature de la discipline. Il n’y a dans ma contribution aucun élément de polémique, seulement des éclaircissements ( ???) sur les points essentiels.

Tout d’abord, je considère que le manifeste devrait avoir une fonction semblable à celle des anciennes instructions officielles. Rappelons-nous les instructions officielles de 1967 qui marquèrent une étape dans l’histoire de la discipline.

Le manifeste est devant une double exigence : donner une forme institutionnelle mise en texte formelle de ce que doit être cette  discipline d’enseignement et par là lui assurer une unité au plan national et faire en sorte que cette mise en texte soit une aide et non un obstacle à la mise en œuvre dans des conditions par définition très variées d’enseignement (public, conditions matérielles, culture locale, etc …) (…)

Télécharger le PDF

separateurUne contribution personnelle à l’élaboration d’un « manifeste sur l’EPS et le sport scolaire »

Par Serge Reitchess

course Le SNEP propose  à la profession de reprendre le « métier en main » et de relever le défi de la refondation ; non comme le ministère l’a (très mal) engagé par une parodie de consultation mais bien en associant le maximum de collègues sur une « campagne de long terme ».

 Encore faut-il que notre campagne de refondation justifie ce terme fort aux yeux des enseignants d’EPS.

 Pourquoi voulons nous refonder, sur la base de quel bilan, de quels constats, que l’on souhaiterait partagé par la profession ?.

 Les dégradations subies depuis de nombreuses années font l’objet de nos mandats syndicaux  et de nos actions: horaires effectifs, installations sportives, postes, dhg, heures supplémentaires…

 Le « manifeste-appel » ne peut donc être un listing de tous nos mandats.

 Si il pointe des problèmes de définition de concepts (motricité, développement physique, classifications, « matrice disciplinaire »….), le manifeste ne doit pas non plus, devenir un manuel théorique ou lexique d’une EPS désincarnée (…)

 Télécharger le PDF

 

 

separateurJean-Yves Rochex : « Réouvrir le chantier de la culture scolaire »

Co-auteur avec Jacques Crinon, de «La construction des inégalités scolaires», Jean-Yves Rochex attend du nouveau gouvernement la rupture avec la mise en concurrence des établissements. Il appelle à la mise en place d’une véritable politique prioritaire qui s’accompagnerait d’une réflexion sur la pédagogie d’une véritable démocratisation scolaire – Article publié sur le Café Pédagogique

Une rupture radicale

L’urgence en matière de politique d’éducation, est à la rupture radicale avec les orientations libérales basées sur la mise en concurrence des individus et des établissements, sur l’individualisme et la soumission des missions de l’école aux logiques de marché. Elle est à l’affirmation – dans les faits, dès aujourd’hui et à plus long terme – des visées de démocratisation de l’accès aux savoirs et à leur exercice critique, et de réduction des inégalités, sociales et sexuées, à l’école comme ailleurs.

Toutes les études internationales confirment que notre système éducatif est l’un de ceux où le « déterminisme social » pèse le plus lourd sur les apprentissages et les performances scolaires, et qu’il souffre non d’un excès mais d’une insuffisance de démocratisation et de logiques de concurrence et de ségrégation qui menacent son unité même (…)

separateurREFLEXIONS SUR L’EVALUATION DE LA COURSE DE DEMI-FOND AUX EXAMENS

Par Benjamin Valette

  • La fiche du référentiel ½ fond au DNB :

UNE PERF QUI N’EN EST PAS UNE…

course« Monsieur ! Comment ça se fait que lui il a la même note de performance que moi en courant à 9,5 km/h alors que moi j’ai couru à 17,1 km/h ? »
« Parce que tu as 18 km/h en VMA et lui 10 km/h… »
« Ouais, ben la prochaine fois je le fais tranquille le test moi !! »

Voilà le genre de discussion qui risque de se répéter après l’évaluation au DNB… On comprend pourquoi il est préconisé de ne pas donner la note aux élèves… Plus sérieusement, d’après la fiche du référentiel ½ fond, la performance est un % de la VMA de l’élève. Pour une performance optimale (entre 6,5 et 8 pts sur 8) cette moyenne doit être supérieure à 95% de la VMA de l’élève.

 En reprenant la compétence propre en relation avec l’APSA, on identifie d’ailleurs immédiatement que la notion de performance est centrale en ½  fond et 8 points sur 20 y sont d’ailleurs consacrés. Comment une note peut-elle avoir du sens pour les élèves quand on fait ce simple constat ? La performance dans ce type d’activité est directement voire culturellement liée à la vitesse et non à un % de VMA. S’éloigner de cette logique interne dénature selon moi complètement l’activité et fait perdre tout le sens qu’elle peut avoir dans l’esprit des élèves, des parents ou même de l’enseignant.

Dans toutes les autres APSA appartenant à cette compétence propre, la perf est d’ailleurs associée à un barème clairement établi. (Athlétisme sauts-courses-lancers, Natation longue-vitesse). La distance totale parcourue lors de l’épreuve par l’élève doit être le critère majeur d’évaluation de la performance. Assimiler la notion de perf à un % de VMA correspondrait dans ce cas à la CP5 (Réaliser et orienter son activité physique en vue du développement et de l’entretient de soi) (…) Télécharger le PDF

Une réflexion au sujet de « Les contributions »

  1. Christian Couturier prône l’esprit de controverses en EPS, je vais donc essayer d’y jouer.
    Je souhaite réagir aux réflexions de Benjamin VALETTE sur l’évaluation de la course de demi-fond aux examens :

    1° épreuve du DNB /
    Il regrette que la performance soit incrémentée à un % de la VMA et estime que » cela dénature …complètement l’activité et fait perdre tout le sens qu’elle peut avoir dans l’esprit des élèves, des parents ou même des enseignants ».

    Il considère aussi que le % de VMA n’est pas une vitesse.
    A revendiquer sempiternellement l’évaluation des élèves en CP1 autour de barèmes de performances, style LETESSIER , on reste cantonner , enfermer dans le royaume de la performance sportive, de la référence qui organise les pratiques sportives qui survalorise le premier qui parvient à exploiter mieux que les autres les ressources dont la dame nature lui a fait cadeau.

    Nos classes ne sont pas le lieu de compétitions de types exclusivement sportif. Nous sommes missionnées et recrutés pour confronter tous nos élèves à des expériences et des challenges auxquels ils vont répondre en fonction de la mobilisation des ressources dont ils disposent, et cela foncièrement de manière inégalitaire ; Personne ne peut dire le contraire.

    Donc, tant que nous continuons à militer pour l’application d’une évaluation basée sur des barèmes exclusivement sportifs, nous créons d’année en année les conditions d’un échec inéluctable du garçon ou de la fille moins gâtée que l’autre par les gênes des parents, quel que soit le niveau d’investissement de l’élève dans l’épreuve. Quand on s’engage dans ce métier, il me semble que le principe de la réussite de tous représente un enjeu fort , qui fait référence à des valeurs universelles qui méritent que l’on s’y attarde et que l’on prenne du temps de mesurer les conséquences des choix éthiques qui président à la pertinence des critères d’évaluation . Nous savons tous que les tests de VMA ne sont pas justes en soi et qu’ils s’écartent d’une précision scientifique incontestable ( à savoir celle du test de laboratoire ) . Mais ne sommes-nous pas capables de discerner au bout de quelques leçons l’authenticité de l’engagement de l’élève dans le test et surtout est-ce si grave que ça de se tromper d’un demi-kilomètre heure kilomètre dans la mesure de la VMA.

    Evaluer les élèves à partir du % de VMA investi est une décision majeure dans notre discipline. Elle opère une bascule fondamentale entre une performance sportive et une performance scolaire et s’inscrit complètement dans l’esprit de la CP1 dans la mesure où tous les élèves peuvent s’engager au maximum de leurs ressources (c’est bien cela qui constitue le principe majeur à respecter) et offre la possibilité fantastique à tout un chacun de pouvoir réussir dans un contexte scolaire.

    Dire qu’ « assimiler la notion de perf à un % de VMA correspondrait à la CP5 » constitue une incompréhension totale du principe qui consiste à comprendre l’inversion totale de l’utilisation de la performance en CP5 par rapport à la CP1. Pour cette dernière, la perf constitue l’objet de l’engagement, alors que pour la CP5 la perf devient un moyen. Il est impossible de raisonner différemment, sinon, on mélange tout .Etant un farouche partisan de la perf en CP1, je milite cette fois ci comme le collègue pour une minimisation de la part accordée au projet, dans la mesure où je fais le choix d’une performance scolaire avec auto référencement de préférence.

    Concernant la réflexion autour du 3x500m:il est vrai qu’à l’heure actuelle, les filles et les garçons ne sont pas orientés vers la même filière énergétique. Or, l’épreuve a été conçue pour qu’il y ait confrontation à la filière anaérobie lactique. En l’état, et au vu des prestations masculines et féminines, cette ambition est loin d’être toujours réalisée. C’est pourquoi, je trouve intéressante l’idée de remplacer la distance par un temps, comme le propose le collègue. Je serais plutôt favorable à 1’30 que 2 minutes, mais surtout de bien faire la relation avec le temps de récupération qui doit absolument être conséquent pour justement respecter la filière visée.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *