Le Manifeste

 

Version 3 – Mars 2014

Après un an de réflexions et d’échanges, le congrès du SNEP réuni à Vogué du 24 au 28 mars a adopté ce texte qui constitue une version allégée du projet précédent, retravaillée sur l’essentiel. C’est ainsi qu’il devra être porté à la connaissance du nouveau ministre.

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Version 2 – Janvier 2013

Participez à l’écriture d’un Manifeste pour l’EPS

Les multiples rencontres que nous avons avec la profession, notamment actuellement autour du nouveau DNB ou des modalités d’évaluation au Bac, nous montrent le désarroi et la colère de nombre de collègues se sentant de plus en plus placés en situation d’applicateurs et non de concepteurs. Ils ont l’impression d’un contrôle accru et tatillon de leur travail, de devoir sans cesse rendre des comptes, remplir et faire valider des protocoles, renseigner des enquêtes ; et tout cela pour mettre en oeuvre des textes imposés sans réels débats professionnels (programmes, évaluation). En découle une transformation du sens du métier mais aussi du sens de l’EPS enseignée, de ses objectifs et de ses contenus.
Cette dérive, pour partie liée à l’autoritarisme ambiant et aux formes de « management » de ces dernières années, mais aussi à des orientations du système éducatif que nous avons contestées (cf. débat sur le socle) doit cesser. Il en va de l’avenir de l’EPS et du métier.
Nous avons adressé une lettre en ce sens au nouveau directeur de l’enseignement scolaire (voir ci-contre).

Le Conseil délibératif national du SNEP-FSU, réuni les 22 et 23 novembre, a décidé de lancer un grand débat dans la profession en s’appuyant sur un projet de « Manifeste pour l’EPS, contribution à la refondation de l’Ecole ». Celui-ci, dans sa version 1, a été soumis au débat, à la critique de tous, syndiqués et non syndiqués.
Des réunions, sous diverses formes, sont organisées dans les académies, n’hésitez pas à y participer.
Ce site, espace de débats, vous permet de lire des contributions et d’y intervenir (par vos commentaires), si vous le souhaitez.

La direction nationale qui s’est réunie les 17 et 18 janvier a fait  la synthèse des premiers échanges, des amendements proposés et a voté un « Manifeste » (version 2) qui sera porté ensuite vers le Ministre et l’administration, vers l’Inspection Générale, vers le futur Conseil Supérieur des Programmes qui doit procéder à la réécriture du socle commun et des programmes. Le « Manifeste », dans sa nouvelle version, continuera pour autant à être débattu, enrichi, avec un point d’orgue au troisième trimestre où et le SNEP organisera des Etats Généraux Nationaux de l’EPS.
Il est temps de créer un bouillonnement d’idées, un foisonnement de propositions, de placer les collègues au cœur de la définition et de la dynamisation  de leur discipline et de leur métier.
Notre volonté est de rendre visibles et de faire entendre celles et ceux qui font l’EPS de tous les jours et qui ont  des idées pour la faire avancer !

Les enjeux sont importants pour notre discipline et notre métier. N’hésitez donc pas à participer aux débats, à donner votre avis, à critiquer, contester, enrichir, améliorer le document « projet de Manifeste ».

La version 2 du manifeste

Version 1

 

Le tour de France du Manifeste

Le SNEP se mobilise et rassemble largement les collègues au travers de diverses manifestations pour débattre des orientations de l’EPS et de son rôle dans la refondation de l’école. Vous trouverez ci-dessous une carte représentant un état de ces rencontres qui sera actualisé au fur et à mesure de leurs programmations et de leurs déroulements (cliquez sur la carte pour obtenir plus d’infos).

 

carte_france_fw

 

point_vert réunion déjà réalisée

point_rouge réunion programmée

15 réflexions au sujet de « Le Manifeste »

  1. Une activité physique a développé en EPS, pour la mixité , le plaisir de pratiquer. C’est le TCHOUKBALL qui est une activité collective basé sur des compétences , sur le Fair-Play et avec une mixité autorisée. (penser et pratiquer autrement pour le plaisir des filles et des garçons)

  2. « Ils ont l’impression d’un contrôle accru et tatillon de leur travail, de devoir sans cesse rendre des comptes, remplir et faire valider des protocoles, renseigner des enquêtes ; et tout cela pour mettre en oeuvre des textes imposés sans réels débats professionnels ».
    Cette phrase me fait réagir :
    * D’abord parce que ce n’est pas nouveau, dès les années 90 l’institution Education Nationale, s’appuyant sur les mails et la technologie qui s’y attache, a renforcé dans tous ses services cette réalité oppressive du contrôle.
    * Ensuite, peut-être devons-nous balayer notre porte. Nous avons, enseignants d’EPS, répondant à la demande de l’inspection, porté la parole de l’institution (présentation des textes, explication des modalités d’évaluation….) introduisant ainsi un flou entre la parole de la profession et celle de l’institution. En retour, cela rend « convenable » la demande d’information faite par l’institution !
    * Pour terminer, n’ayons pas d’amnésie historique, aussi inviterai-je, pour ceux qui en auront le courage, la relecture de textes publiés dans les « GIP » au début des années 90. Ceci pour signifier que les problèmes posés, à ce moment, à l’EPS ne sont peut-être pas fondamentalement différents même si l’on doit convenir que la société, et par ce fait l’école, n’est peut-être plus tout à fait la même 25 ans après. A mon sens, nous avons pas été au bout de ce qu’il fallait faire.

  3. La refondation de l’Ecole est en train de se dessiner dans la bouche même du ministre: travailler plus pour éventuellement gagner plus. Retour de la bivalence, liaison CM2/6ème renforcée qui renverra à terme ce double niveau en primaire, l’acquisition du socle comme seule objectif du collège et bachotage de plus en plus important en 3ème pour le nouveau DNB. Bref, ce qui cause problème au Ministre, c’est le collège…réduisons le alors au niveau 5ème/6ème. Il est temps de relever la tête et d’affirmer haut et fort que le collège doit aussi faire parti de la refondation car je sens bien la tentation des politiques qui quelque part pourrait satisfaire tous les profs qui ne savent plus comment faire avec les élèves en grande difficulté.
    Alors, oui, participons à l’écriture d’un Manifeste, mais n’oublions pas la vue d’ensemble et des visées plus larges. Ne nous contentons pas des questions d’EPS!

  4. De concepteur nous sommes devenus des applicateurs de l’administration la joie et la creativite gommées par l’obéissance à des textes imposés aux profs et élèves. Classifications ridicules, évaluations lourdes, installations inadaptées, postes de profs coupés en deux. Formation déléguée à l’aeeps. Perte de sens pour le prof d’eps issu du monde sportif porté par l’idée de performance et de progrés. Reprendre la direction du métier par la base est nécessaire. Trop de dégâts causés sur le prof et l’élève.

    • Merci collègue pour cette réflexion.
      Liberté d’adaptation , voilà bien une richesse dans laquelle nous devons toujours puiser pour l’épanouissement de nos élèves… le nôtre aussi!
      Nous enseignons avec notre personnalité,ne l’oublions pas;à nous imposer un cadre trop rigide,nous ne pouvons être totalement « à l’aise » dans notre discours auprès de nos élèves. Ils le ressentent forcément et là les relations peuvent alors devenir plus compliquées à gérer .
      Restons soucieux de l’image que nous voulons renvoyer de l’EPS.

  5. Contribution pour le manifeste pour l’EPS

    Tout d’abord le texte me semble globalement positif et très riche en énonçant un réel projet social et culturel mais quelques points mériteraient, à mon sens, soit une autre formulation soit d’être réorientés soit de ne pas être oubliés pour accéder aussi à un véritable projet politique sur le type de société d’avenir que nous souhaitons à travers l’EPS.

    La formulation « activités(pratique et culture aussi) physiques sportives et artistiques » me semble inutilement lourde et longue ; physique en général, corporelle ou motrice au choix regrouperait avantageusement l’ensemble et recentrerait sur un objet unique.

    Dans les 3 types de situations visant à construire les 6 expériences, il en manque une essentielle qui est celle de « la coopération avec les autres » qui doit s’apprendre au même niveau que la confrontation, pas seulement dans les sports mais dans des activités à part entière. Les expériences en primaire, faites dans les écoles ou l’on applique une pédagogie de type Freinet, montrent à quel point nous sommes formatés par la relation univoque de confrontation dans la société actuelle et combien nous avons besoin pour aller vers une forme de société différente de réapprendre à coopérer. Ce qui nous démarquerait aussi plus franchement des seules pratiques sportives.
    Cette remarque vaux aussi pour l’encart n°1.

    Autant j’apprécie que soit évoquée fortement la mixité et le plaisir d’apprendre et d’enseigner, autant on pourrait voir apparaître plus la notion de jeux physiques, des jeux traditionnels aux jeux paradoxaux mais aussi des jeux innovants(tchouk ball, kin ball…) qui développent tous d’autres relations que celles parfois univoques et sclérosantes que l’on rencontre toujours dans le sport.

    L’A.S pourrait être effectivement un lieu plus démocratique aussi dans le fonctionnement proposé aux élèves, pour qu’ils apprennent à prendre des décisions, les négocier avec les autres, pairs ou adultes…vivre un engagement associatif pas seulement dans la pratique physique.

    Enfin un mot sur la nécessité d’une véritable EPS dans l’enseignement supérieur qui soit la continuité axiologique de ce qui se fait au lycée et que cela ne soit pas seulement des animations sportives et ce d’autant plus que c’est justement l’âge ou en général les jeunes abandonnent toute pratique physique.

    Manuel Porcheron
    Prof d’EPS
    IUT de TOURS
    Département Carrières Sociales

  6. Peut on envisager de « retoucher » certaines expressions comme : «expériences », « penser son corps pour le maîtriser » ou « se mettre soi même au défi » ?

    En revanche, le terme « s’éprouver » me parle davantage.
    Il dépasse le sens de se mettre en difficulté.
    Il signifie aussi se hasarder, se risquer, apprendre par sa propre expérience, tenter, essayer…

    Je propose modestement :

    L’éducation physique permet de s’éprouver dans différentes activités physiques, sportives et artistiques (A.P.S.A.)

    Ces activités permettent de :
    – de s’éprouver pour se connaître et accroître ses ressources (force, vitesse, souplesse, détente, etc.).
    – de se mettre en jeu pour découvrir et développer son potentiel esthétique et artistique.
    – de prendre des risques en construisant des figures corporelles inhabituelles modifiant fortement l’équilibre.
    – d’agir dans un but tactique et stratégique.
    – d’exercer son adresse et développer son habileté.
    – de s’engager physiquement et en sécurité, en gérant les difficultés prévisibles ou non.

    Ces activités s’articulent autour de différentes situations :
    – situations de performance (celles où il faut performer),
    – situation de réalisation (celles où il s’agit de produire seul ou en coopération une réalisation),
    – situation d’affrontement (celles dans lesquelles on se confronte aux autres)
    – situations de coopération (celles ou il faut coopérer avec les autres)

  7. On m’avait demander de répondre à la question de notre Ministre (« Faites-moi des propositions concrètes et novatrices sur la place de l’EPS, du sport scolaire et de ses enseignants dans la refondation de l’école » ) au CDN de novembre, voilà ma réponse par écrit:

    1. Présence des professeurs d’EPS nécessaire dans le primaire pour un réel enseignement à l’âge d’or des apprentissages moteurs !
    2. 5h d’EPS pour tous dans les enseignements obligatoires à tous les niveaux de classe.
    3. Sur ces 5h, possibilité pour tous d’approfondir une pratique en Lycée sur les 3 années (option à 2h semaine?) avec évaluation au Bac par un jury départemental sur définition nationale de l’épreuve. Co-évaluation en interne pour les autres comme actuellement.
    4. Dans le cadre de l’AS, (en lycée ?) possibilité d’inventer des formes de pratiques scolaires mixtes, pour sortir des carcans fédéraux que la structure UNSS nous impose et créer du lien entre garçons et filles, créer une dynamique de convivialité, favoriser la vie associative. Réfléchir au lien avec la MDE et le CVL en lycée, le FDE en collège.
    5. Financement des AS, donner les moyens d’organiser des rencontres, et libération du mercredi dans les Lycées !
    Un certain nombre de choses se retrouvent dans le Manifeste…mais pas toutes!

  8. En préambule, nous approuvons entièrement ce projet de Manifeste pour l’EPS, à la fois dans ses revendications de contenus, bridées ces dernières années, et dans le temps. En effet, nous sentons que les vents sont favorables à l’écoute des attentes de la profession par l’institution, mais que le calme risque de s’établir avant que d’éventuels vents contraires se lèvent à nouveau. Faisons-vite avant que la fenêtre météo se referme !
    En particulier, la référence aux « groupes d’activités » des programmes collèges de 1996, en y ajoutant le neuvième, « activités de remise en forme », proposé en anticipation par le SNEP, nous paraît très pertinente et mériterait à nos yeux de revenir sur le devant de la scène. En effet, ce type de classification nous semblerait plus fonctionnel pour asseoir des programmes d’EPS diversifiés, sans chercher pour autant à faire la part belle à telles ou telles APSA, comme la mystification des derniers programmes de lycées avec la « sournoise » surestimation de la CP5 et ses dégâts collatéraux que son nouveau statut doré implique, qui conduit des enseignants désirant faire conserver du sens à leur enseignement auprès des élèves à entrer dans le mensonge, à déclarer ce que l’on ne fera pas (ce qui n’est d’ailleurs pas faisable, comme l’épreuve de relais en athlétisme par exemple), pour être en conformité avec les exigences absurdes de l’institution ! De nombreux collègues autour de nous pensent de même, nous ne faisons là qu’apporter une pierre au gigantesque mur des lamentations déjà édifié en moins d’un an !
    Plus précisément, nous voudrions porter l’accent sur l’enseignement d’exploration et de complément d’EPS, et sur l’option facultative d’EPS que nous organisons depuis leurs créations, respectivement, 1999 et 1982.
    Ces deux ordres d’enseignement devraient à notre sens être plus portés par le SNEP qu’ils ne paraissent l’être. Le Manifeste n’en fait pas (encore !) mention, hormis la « puce » du dernier chapitre : « la mise en place d’options EPS ou d’ateliers de pratiques en LP ». Mais que se cacherait-t-il donc derrière cet apparent désintérêt du SNEP à l’égard d’enseignements existants permettant à des élèves de pratiquer l’EPS de 5 à 6 heures hebdomadaires ?
    Notre expérience de ces enseignements nous conduit à souhaiter non seulement leur maintien (et nous avons maintes fois lutté pour les préserver des diètes récurrentes du Rectorat), mais aussi leur développement.
    Tandis que les options facultatives, assez nombreuses fut un temps, ont été progressivement phagocytées dans les DHG super étriquées des années 2000, l’enseignement de détermination (habilement transformé en enseignement d’exploration par le SNEP au cours de la récente réforme « Châtel ») et de complément, plafonnent depuis sa création en 1999 à moins d’une centaine d’établissements sur le territoire national, malgré les vaines promesses pourtant sincères, avancées par M. Hébrard, alors doyen de l’IG, qui n’a sans doute pas pu trouver les moyens nécessaires pour doubler à 200 établissements ainsi qu’il l’avait annoncé.
    Les récents programmes pour l’enseignement d’exploration de la classe de seconde en EPS (2010) et le programme d‘enseignement de complément d’EPS pour le cycle terminal des lycées (2011) est succinct mais clair, très fonctionnel et adapté à la formation qu’il dispense. Ceci est suffisamment rare à nos yeux pour qu’on le souligne ! Seule déception, malgré la volonté affichée de M.Volondat de porter le coefficient de l’épreuve à 3, il reste à 2. Compte tenu de l’investissement demandé aux élèves par cet enseignement, nous considérons que ce coefficient devrait être de 3.
    Mais cela ne décourage pas les jeunes collégiens de vouloir entrer dans la classe d’ « explo EPS » ! Les élèves pour qui nous dispensons cet enseignement depuis une douzaine d’années ont pour moitié environ, le désir de se professionnaliser autour des métiers du sport. Cet enseignement est pour eux une formidable motivation et incitation à poursuivre des études, qu’ils n’auraient peut-être pas eu le courage d’entreprendre sans cette coloration « EPS » qu’ils apprécient tant. Nous recrutons sur un faible secteur géographique et remplissons une classe de trente-cinq élèves en seconde (environ soixante-dix dossiers de demande tous les ans). C’est dire qu’un enseignement d’exploration d’EPS pourrait être implanté dans bien des endroits et donc, largement étendu. De nombreux élèves sont maintenant enseignants d’EPS, médecins du sport, kinés, agents d’accueil sur des installations sportives, vendeurs d’articles de sport, organisateurs d’événementiels sportifs, etc…
    Dans notre établissement, les retombées positives de la présence à long terme de ces enseignements sont évidentes et impactent positivement l’EPS et l’association sportive dans sa globalité : une des meilleures moyennes à l’épreuve obligatoire d’EPS au baccalauréat et un des plus fort taux d’adhésion à l’association sportive des lycées du département.
    L’expérimentation de 5 heures d’EPS dans une centaine d’établissements que préconise le SNEP dans le Manifeste, nous la pratiquons depuis près de trente ans déjà ! Certes, le public n’est pas le même.
    Nous pensons que ce Manifeste est, entre autres, l’occasion de mettre en avant l’enseignement d’exploration et de complément et l’option facultative d’EPS dans le but de leur redonner vigueur, avant qu’ils ne s’éteignent, en promouvant leur extension. Nous avons souvent milité sur d’autres thèmes avec le slogan : « nivelons par le haut ! ». La discipline est dotée d’un enseignement de grande qualité en l’espèce de l’enseignement d’exploration et de complément. Outre qu’il soit fort utile aux élèves qui ont la possibilité de le suivre, faisons aussi en sorte qu’il devienne un de fer de lance pour la corporation !
    Par rapport au plan du Manifeste, nous incrusterions volontiers ces quelques phrases ou similaires dans le chapitre Des finalités repensées, sous –chapitre sur la réussite de tous, avant la dernière phrase, « Autant de paramètres qui… » :
    « A cet égard, l’option facultative d’EPS dans les lycées permet aux plus motivés de valoriser leurs acquisitions dans leur domaine de prédilection et de contribuer à leur réussite. Plus encore, l’enseignement d’exploration d’EPS en seconde et de complément en première et terminale réconcilient de nombreux élèves avec l’école et les accompagnent sur la voie de la réussite en leur offrant une coloration d’études conforme à leurs aspirations. Ces enseignements, trop rares ou raréfiés, devraient connaître un regain de développement sur l’ensemble du territoire et être étendus aux lycées professionnels. »

  9. Le fossé n’a céssé de se creuser depuis des années , entre les attentes des élèves , et les textes que l’on nous impose . Il est temps de réagir ! De plus l’autoritarisme de l’inspection , de plus en plus  » inadmissible « ,braque bons nombre de collègues contre l’institution . Après plus de trente ans de carrières , je me sens  » en marge  » d’un système qui ne correspond plus à mes conceptions du métier .

  10. Salut !
    Petite contribution à partir des réflexions menées ensemble au SNEP Toulouse.
    J’ai lu ce second manifeste :
    – rien à dire sur le fond, les propositions, prises de positions et justifications sont très bien.
    – sur la forme, je trouve le milieu bien trop détaillé, délayé, expliqué dans les moindres détails…. Tellement exhaustif et long, qu’il faut être ET prof d’EPS ET syndicaliste pour le lire jusqu’au bout et s’y intéresser réellement ! Qui lira ce manifeste ?… il me semble que c’est une question importante que nous avions posée ensemble à Toulouse.
    – Proposition : la place de nos inspections, le rôle de nos IPR pourrait aussi être mis en avant : que leurs visites deviennent des tremplins, des aides, de réels appuis pour améliorer notre enseignement et notre carrière. Alors qu’aujourd’hui, c’est un simulacre de pseudo séance parfaite, réalisée une fois tous les 15 ans ! Actuellement, ça ne rime à rien. Qu’ils soient des partenaires de la profession, pour une réelle réussite de tous !

    Pour répondre aux 4 questions :

    A la lecture de cette 2ème version, la trouves-tu simplement plus claire, plus percutante, mieux présentée NON !!!
    et plus argumentée que la première sur laquelle nous avons travaillé en janvier? OUI
    Sur le fond, sur les 10 groupes d’activités, sur les modes d’entrée dans ces activités et sur les 4 grandes finalités proposées, te sens-tu en accord avec ce que propose le SNEP? OUI
    Dans ta pratique quotidienne, cette présentation des activités, des évaluations et des certifications te paraît elle plus cohérente et plus en prise avec le réel que celle des nouveaux programmes et référentiels? OUI, mais un risque serait peut être de laisser tout le monde partir dans tous les sens. Il me semble que garder une certaine base commune, une unité est indispensable; et trop trop de liberté nuirait peut être à l’EPS ? Formulé ainsi, j’ai l’impression que quelques collègues pourraient l’interpréter comme une carte blanche donnée aux PEPS….

  11. Bonjour à tous,
    Après lecture et relecture de ce manifeste, je me lance pour quelques remarques personnelles, qui valent ce qu’elles valent !!!

    Deux choses me gènent dans ce manifeste:
    – La première est cette volonté de toujours chercher un classement des APSA. Elles ne sont cencées être qu’un support de l’EPS alors pourquoi brider leur utilisation en les classant et ne pas chercher plutôt à classer les « compétences » que les élèves doivent atteindre? De cette façon, les enseignants seraient libres d’utiliser telle ou telle APSA (et donc de choisir un mode d’entrée qui lui sera propre) pour atteindre une compétence/objectif de développement énergétique, de sollicitation de son imaginaire artistique, de construction de rapport de coopération et d’opposition… (bref rien de plus que ce que les groupes d’APSA visaient déjà).
    -Deuxièmement, me dérange cette volonté de maintenir l’association sportive dans une position de recopiage du sport civil. Pourquoi l’AS devrait être un copier-coller des sports qu’on trouve en club? Pourquoi s’obstiner à la mettre le mercredi après midi en même temps que les clubs sportifs??? A mon sens, l’AS aurait à gagner à être un lieu de découverte d’une multitude d’activités que les élèves n’auraient peut être pas eu l’occasion de découvrir autrement. La compétition ne devrait pas dépasser le stade départemental. En effet si c’est le cas, cela signifie que les effectifs sont suffisamment importants pour qu’une activité de club soit mise en place (et dans 99% des cas, elle existe effectivement déjà).

    Sinon, il me semble que la notion de coopération mise en avant est effectivement fondamentale à tous les niveaux (entre profs comme entre élèves) afin que les notions de concurrence, d’invidualisme, de rivalité restent éloignées le plus possible du monde scolaire.

  12. Une contribution personnelle
    à l’élaboration d’un « manifeste sur l’EPS et le sport scolaire ».
    A partir de l’intervention au Conseil Délibératif National du SNEP
    17 et 18 janvier 2013.
    Serge Reitchess.

    Le SNEP propose à la profession de reprendre le « métier en main » et de relever le défi de la refondation ; non comme le ministère l’a (très mal) engagé par une parodie de consultation mais bien en associant le maximum de collègues sur une « campagne de long terme ».

    Encore faut-il que notre campagne de refondation justifie ce terme fort aux yeux des enseignants d’EPS.

    Pourquoi voulons nous refonder, sur la base de quel bilan, de quels constats, que l’on souhaiterait partagé par la profession ?.

    Les dégradations subies depuis de nombreuses années font l’objet de nos mandats syndicaux et de nos actions: horaires effectifs, installations sportives, postes, dhg, heures supplémentaires…

    Le « manifeste-appel » ne peut donc être un listing de tous nos mandats.

    Si il pointe des problèmes de définition de concepts (motricité, développement physique, classifications, « matrice disciplinaire »….), le manifeste ne doit pas non plus, devenir un manuel théorique ou lexique d’une EPS désincarnée.

    1) La refondation porte sur le « noyau du métier » sur son éthique, sur son sens pour chaque enseignant, pour chaque équipe d’établissement :

    – la réussite de tous les élèves dans l’apprentissage et l’appropriation culturelle que sont les APSA.
    – Dans un cadre national de service public, quelque soit le lieu et le type d’établissement.

    2) En d’autres termes :
    – Réussite de tous ou éternels débutants : peut-on décrire, analyser et évaluer les acquisitions concrètes, stables, tactiques et techniques des élèves en fin de cycle (DNB et BAC) ? ; il s’agit alors, d’examiner la réalité pratique des conditions d’apprentissages : le choix et les contenus des APSA, les volumes horaires proposés et les programmations.
    – Cadre National des diplômes ou autonomie « dans la gestion de la pénurie et des inégalités » des programmations d’établissements : lors de la constitution des emplois du temps et des programmations, les équipes d’établissements ont-elles ces problématiques en tête ? ; « le territoire » et les contraintes locales d’installations finissent ils par définir l’enseignement et les acquisitions « locales » de l’EPS ?.

    3) A ces 2 problèmes qui constituent le « noyau central pratique du métier » correspondent des enjeux « lourds » revendicatifs et pédagogiques de la discipline.
    4) Le « Manifeste » peut alors, donner à voir, à analyser et comprendre la complexité de la réalité quotidienne du métier pour agir et la transformer.
    Elaboré par le plus grand nombre d’enseignants EPS, le « Manifeste » peut devenir un outil explicite de conception, véritable « référentiel commun d’action » pour l’activité pédagogique quotidienne.

    5) « En finir avec les dérives de ces dernières années, c’est d’abord, reconnaître à l’EPS » une place en tant que discipline d’enseignement à part entière. « C’est considérer l’enseignement, la pratique et l’apprentissage des APSA » … comme des contenus culturels et techniques (reconnus, analysés et systématisés), élaborés par les histoires de celles-ci, définissant un patrimoine spécifique à transmettre (champ ou domaine disciplinaire).

    6) En finir avec les dérives de ces dernières années c’est proposer tout à la fois :
    la réussite de tous les élèves dans l’appropriation des APSA sans ségrégation sociale ni sexiste.
    En libérant les initiatives de conception des équipes d’établissements afin de constituer des programmations permettant d’atteindre les objectifs nationaux des programmes, sans discrimination territoriale.

    7) L’enjeu de refonder l’EPS est bien là :
    Faire en sorte, que chaque enseignant, chaque équipe d’établissement, et la grande majorité de la profession, se saisissent de ce « défi contemporain », qu’est la réussite de toutes et tous, pour construire et conduire une véritable « refondation démocratique ».

    8) Cependant, la réalité est plus complexe et plus contradictoire : nombreux sont les obstacles qui existent et empêchent d’appréhender ces questions essentielles :
    – Les difficultés de fonctionnement de l’EPS (postes, installations, crédits, effectifs…)
    – Les dégradations des conditions d’enseignements et la multiplication des « publics difficiles », qui font souvent penser ou dire aux enseignants « pourvu qu’ils m’écoutent » et « ce n’est pas la peine d’en rajouter du point de vue des exigences d’apprentissage ».
    – Les transformations des formations initiales et l’extinction dramatique
    des formations continues.
    – Les conceptions formelles, descriptives et « technicistes » des contenus APSA, reproduites et véhiculées par les « fiches ressources » des textes officiels ; le plus souvent inopérantes dans la pratique, elles sont, dans tous les cas, impuissantes à surmonter les problèmes des éternels débutants, et rendent impossible la réussite de toutes et tous.
    – Les « nouvelles classifications des APSA » par compétences, de la soi-disant « matrice disciplinaire » de l’EPS, qui ne reposent sur aucune analyse historique des APSA, ni fondement scientifique, ni expérimentation pédagogique rigoureuse.

    9) Il est ainsi indispensable, de reprendre et repenser, de manière critique et historique, « les classifications officielles » qui minorent gravement ou évacuent totalement le contenu spécifique (historique, culturel, règlementaire, technique) du patrimoine de chaque APSA.

    Ces textes, ces « soi-disant classifications » s’articulent avec le « socle commun » et ses objectifs (cf les analyses SNEP, SNES et FSU) ; ils font disparaître l’héritage des cultures techniques des APSA au profit d’objectifs transversaux de comportement.

    Ces « soi-disant classifications » méconnaissent parfaitement les spécificités des règles et règlements de chaque APSA, fondements des apprentissages des hommes tout au long de l’histoire, mais aussi fondements pratiques de la réussite quotidienne des élèves, de toutes et tous dans les classes.

    Elles nient ainsi ce patrimoine réel, pour construire dans l’abstrait, coupé de la réalité « des soi-disant groupes de compétences » qui n’existent pas et n’ont jamais existé dans l’histoire effective des APSA (CP4).

    Elles provoquent confusion et interrogations dans les exigences d’apprentissages chez les enseignants, en confondant le contenu de l’APSA et son utilisation (intensité physique, modalité plus ou moins compétitive…etc) ; elles créent artificiellement la cp5 qui serait « la réponse » à l’échec des élèves dans les APSA.

    Ces « soi-disant classifications » édictent sans aucune justification « le cycle de 10h » pour atteindre un niveau, et créent ainsi pratiquement, les conditions de l’échec massif des élèves dans les apprentissages.

    Véritables « tours de passe-passe », elles substituent à ces contenus règlementaires et techniques des APSA , le « dogme » des années ….1980 « l’EPS ne se confond pas avec les APSA », sans débat ni analyse rigoureuse.

    Ces « soi-disant classifications » normalisent les idées et les conceptions des programmations d’établissements en reléguant les APSA aux rôles de « supports » de l’Education ; elles décrètent unilatéralement la multi- activité comme constitutive d’une « expérience corporelle » variée, dont on ne sait, au final, ce qu’elle recouvre du point de vue des apprentissages concrets des élèves.

    10) Ainsi s’expliquerait l’idée évoquée plus haut, et semble-t-il, tenace, consciente ou non chez les enseignants : « ce n’est pas la peine d’en rajouter du point des exigences d’apprentissages dans les APSA » ;

    Ces « analyses-hypothèses » permettraient de mieux saisir les enjeux de la crise historique que traverse l’EPS.

    Elles conduisent à mieux discerner les difficultés des enseignants dans les équipes d’établissement, pour échanger et discuter afin de prendre en compte la question de la réussite de toutes et tous dans l’élaboration des programmations EPS.

    Ces idées montrent combien il est indispensable pour chaque enseignant, chaque équipe, pour l’ensemble de la profession, de s’émanciper, enfin, du carcan formel et dogmatique des « soi-disant classifications » des compétences.

    Il est alors urgent et nécessaire de refonder notre métier.

    – En se centrant sur les conditions réels de progrès et de réussite de toutes et tous dans la spécificité de chaque APSA, que constituent les organisations et les choix des programmations d’établissement.

    – En élaborant collectivement des hypothèses explicites sur les contenus novateurs et les « modélisations » de chaque APSA.

    – En sollicitant chaque enseignant à témoigner des difficultés, du sens et des réussites du métier en rapport avec l’enjeu des APSA et l’apprentissage des élèves.

    – En élaborant collectivement des référentiels communs nationaux d’apprentissage pour chaque APSA, afin d’en finir avec les inégalités sociales et sexistes du localisme.

    C’est tout le sens d’une refondation démocratique de notre métier.

    LE 31 JANVIER 2013.

  13. S’il est temps de refondre l’EPS dans l’école alors faisons-le vraiment ! Il me semble que depuis des lustres on tourne en rond et si on veut arrêter ce tournis désormais improductif alors le temps est venu de revendiquer la place des enseignants d’EPS… à l’école primaire :
    – Place à l’enseignement de l’EPS par un corps spécifique de professionnels qualifié intervenant de la maternelle à la fin de l’élémentaire (voire jusqu’en 6ème). Outre l’importance qui n’est plus à faire du rôle de cette discipline à cet âge là, l’intervention des enseignants d’ EPS dans cette « structure » aura pour avantage, il me semble, de rompre avec la problématique indépassable et stérile sport/EPS des 2 siècles précédents et surtout de faire avancer la réflexion et les pratiques (et il y a des ressources dans la profession !!!)
    – Par ailleurs, laissons (par réalisme budgétaire mais pas seulement…) au lycée l’enseignement du sport par les professionnels qualifiés issus du milieu sportif ou par les éducateurs des collectivités territoriales. Ils sont eux-aussi de plus en plus orientés vers un sport mi-scolaire mi-fédéral qui peut convenir à nos lycéens…

    La refondation de l’EPS passe par la refondation de sa structure d’intervention : une même EPS de l’école primaire au collège, articulée et mise en oeuvre par des professeurs d’EPS.
    Cette revendication (de certains) n’est pas un scoop. Mais je me demande pourquoi et paradoxalement on en parle plus trop aujourd’hui…

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