7 réflexions au sujet de « Socle Commun »

  1. Machine à gaz contre machine à gaz avec toujours un temps de retard et au bout du compte faire rentrer la réalité dans les items petites boîtes imposés . Les CP et les CMS c’est comme ça et pas autrement . L’évaluation même combat . Au bout du compte décalage entre théorie et pratique et amputation des valeurs de l’EPS alors que nous sommes devenus des ingénieurs de la didactico-pédagogie inhumaine et de facade . Si demain on applique les textes à la lettre je dispense mes enfants d’EPS ….

  2. Le socle commun, aussi imparfait soit-il pour l’instant, est l’opportunité de sortir d’un système de notation sur 20 qui ne dit jamais à l’élève ce qu’il faut améliorer pour progresser. A nous de nous approprier le socle pour qu’il devienne un véritable outil pédagogique partagé.

  3. En total désaccord avec ce que l’on nous demande de faire actuellement. Je passe mon temps à observer pour remplir des cases mais je n’ai plus de temps pour rééllement règler des problèmes d’apprentissage de mes élèves. De surcroît, personne ne regarde les compétences acquises. Nous avons de moins en moins de vie personnelle et les chefs d’établissement sont rentrés dans une logique d’entreprise d’image et de rendement. A quand 1984 ?

  4. L’approche par compétences a soulevé dès son origine de multiples polémiques et critiques. Outre le fait qu’elle provienne d’une inspiration utilitariste et néo-libérale (issue du monde managérial), il convient de reconnaître néanmoins que notre système d’évaluation par notation a atteint ses limites en laissant sur le bord de la route une frange importante d’élèves et notamment ceux qui sont socialement les plus démunis. Il convient donc d’aborder une approche par compétences avec certes un esprit critique, mais avant tout en étant force de propositions. Cette force de propositions ne doit pas être une application « bête et méchante » des textes institutionnels, qui, notons-le au passage, sont la plupart du temps inopérationnels sur le terrain. Il s’agit de « pervertir » l’approche par compétences aux finalités uniquement utilitaristes, en vertus éducatives. Et, ce n’est pas une mince affaire ! Il nous appartient, à nous professeurs de terrain, de démontrer nos expertises pédagogiques et notre savoir-faire pour parvenir à un tel dessein.
    Un dernier mot. La nouvelle proposition de mouture du nouveau socle commun, va, à mon avis, dans le bon sens en favorisant le décloisonnement des disciplines (les 5 domaines étant interdisciplinaires) tout en nous laissant une liberté pédagogique (avant bien sûr l’apparition des annexes dont la principale « qualité » jusqu’à présent est le « saucissonnage » de l’élève dans toutes ses dimensions, conatives, cognitives et affectives.

  5. Il y a incontestablement un mieux dans ce « socle commun » revisité !

    – Enfin, une distinction lisible entre ce « socle » (rappel de principes interdisciplinaires) et les « programmes » (qui sont à la fois disciplinaires et hiérarchisent ce qu’il faut maitriser aux différents niveaux d’étude).
    -Enfin un cadre réflexif, conceptuel, (appelons ça comme on veut) qui donne un sens une orientation à ce que l’on doit enseigner et pourquoi on doit l’enseigner. C’est ce message à faire passer en formation !! Quel est l’enjeu éducatif de telle ou telle discipline, ou tel savoir non pas utilisé en soi mais placé au service d’un projet émancipateur (sortir enfin de la connaissance pure de « c’est quoi 1515 » !)
    – Enfin une réhabilitation de l’EPS et plus encore des APSA ! Mieux, l’évocation sans peur de ce qui était considéré comme des tabous, des expressions sataniques : la performance, la compétition, la rencontre « sportive »…

    Maintenant, hélas, il reste encore à affiner ce texte :
    – Toujours ce vieux découpage « connaissances/compétences ». Quand va-t-on laisser définitivement tomber ce concept valise de « compétences » ? L’associer en plus à des « connaissances » (dont on ne sait toujours pas ce que c’est exactement non plus : des ressources ? des savoirs être ?? faire ???). Et puis en bout de piste « la culture », un autre mot creux, repris à l’envie tout au long du texte… Comme si les connaissances étaient à distinguer de la culture… Bref, on nage en eau trouble toujours et encore.
    – Toujours ce bon vieux « socle commun », qui pue le smic culturel, le minimalisme égalitariste, alors même que TOUT dans les 5 domaines décrits expriment paradoxalement des ambitions, des dépassements? des savoirs de haut niveau. C’est cette tension qui doit être définitivement dépassée dans ce nouveau texte. Sinon ça sent le discours « petit bras », la proposition « faux-cul » … Trouvons enfin lui un autre titre plus … couillu !
    – Toujours des disciplines « au service » d’objectifs transversaux. et patati et patata… Et si le badminton, comme le foot, la géographie, les maths ou les textes littéraires ne pouvaient pas être appris pour eux-mêmes ? Car au bout du compte, ce dont on est à peu près sûr c’est que le badminton développent des compétences, des connaissances et de la culture… surtout en badminton !!! (et c’est déjà pas si mal !)

    En résumé, enfin un mieux, toujours perfectible mais un mieux (tellement mieux que je suis pas sûr que ce texte remis au ministre par le CSP ne sera pas (re) dépouillé. A suivre

  6. L’institution propose aux enseignants une consultation sur le nouveau socle. Nous sommes consultés mais non votants ou décisionnaires sur se texte. C’est une nouvelle supercherie du cirque ordinaire qu’il est convenu d’appeler débat démocratique. Puisque le gouvernement ne peut pas suivre l’opinion, il faut que l’opinion suive le gouvernement. En conséquence l’état doit endiguer et former l’opinion publique. Il doit donner aux citoyens le sentiment qu’ils ont voulu ces décisions. On formate les individus.
    Ce qui est proposé est une nouvelle mise à jour du logiciel industriel (productivité, efficacité…) et marchand (plus value, profit, vendre…) qui émane d’une directive Européenne. Ce socle est réécrit mais c’est la même idéologie reformulée dont la société actuelle est imprégnée.
    A Champs sur Marne, le 9 octobre 2014, les professeurs coordonnateurs d’EPS du 77 étaient conviés à une réunion avec les IPR (inspecteur pédagogique régionale). La grande messe institutionnelle de rentrée. L’auditoire sérieux, discipliné et attentif a assisté à 4 heurs (10 minutes de recrée à 10h) d’exposés et de débats qui essentiellement ont portés sur le socle, sur la notion de compétence et d’évaluation. Pour éclairer les débats, nous avons eu la visite d’experts, de formateurs, de professeurs agrégés et d’un IPR de science de la vie et de la terre qui représentait le conseil supérieur des programmes. Ce dernier venait le matin même de participer à une émission sur France inter (radio propagande d’état) pour communiquer sur la réforme. Les intervenants ont été de très haut niveau avec un discours claire et limpide. Sur la forme rien à redire. Mais si nous abordons le fond, que nous propose t-il ?
    Cinq nouveaux domaines dans lesquelles chaque discipline d’enseignement peut se retrouvée. Il y a donc reconnaissance officielle de chacun. Seulement maintenant on peut supposer que seule une matière permet alors d’atteindre les cinq domaines. Nous arrivons donc à un professeur unidimensionnel, un seul professeur peut tout enseigner. Disparition pure et simple de toute spécificité et d’identité disciplinaire.
    Autre point, dans le nouveau socle nous retrouvons des notions comme plaisir, nation, culture … etc, mais cela reste vague. Il faudrait s’entendre sur ce que l’on définit derrière cet habillage conceptuel. Tous les enseignants, je suppose, veulent défendre ses valeurs éducatives et humaines. L’institution réussira toujours à fédérer avec ces louables visés. Mr Dumont IPR a raison de nous demander si tout y est ? Oui l’institution a réussi à mettre un vernis de respectabilité sur nos intentions. Es ce que cela sera suffisant pour réduire les inégalités ? Le texte est très bien construit, plein de consensus mais sans relief et sans nouvelles ambitions.
    Sur la notion d’évaluation, tout est à construire nous dit-on. Il ne s’agit plus de faire des contrôles, cela fait top flicage, ou bien même d’envisager des interrogations, cela fait trop interrogatoire, mais bien d’évaluer. C’est la novlangue. Ainsi, les enseignants doivent produire de la valeur en l’élève. Que vaut l’élève ? Quelle est son prix ? Sa valeur sociale pour le marché à venir. Nous entrons dans une logique productiviste et marchande qui est pour moi contre nature avec l’éducation. Nous ne cherchons pas à créer un produit monnayable mais un être en devenir. On nous parle de plus value pour l’élève, de bénéfice, de profit ou de capitale scolaire. C’est le logiciel du marché. Cela peut faire peu ! Quand on propose aux professeurs d’EPS d’utiliser une douchette pour valider les codes barres affichés sur les dossards des élèves à l’arrivée des cross, on est en plein supermarché, les élèves passent à la caisse.
    Un formateur d’EPS est intervenu pour nous dire que maintenant dans nos cycle d’enseignements, il y au début, non plus une évaluation (comprenez contrôle) diagnostique mais une évaluation de départ qui peut prendre éventuellement 2 ou 3 séances, puis une évaluation formative donc en cours de formation et une évaluation finale (ou normative ou certificative). Il y a donc contrôle, oh pardon une évaluation, constante et permanente de Big Brother, du grand frère (le prof) qui nous surveille en permanence. C’est l’enseignement du contrôle, non évaluation décidément je ne m’y ferai pas. Ou est la place de notre enseignement ? Nous devenons des contrôleurs évaluateurs et plus des professeurs.
    Autre point, la notion de compétences qui nous vient elle aussi de l’entreprise. Définit comme une capacité à mobiliser (savoir, savoir faire et savoir être) devant une tâche ou situation complexe. Le grand mot d’ordre aujourd’hui c’est la technique, pour son efficacité et son rendement. Ce qu’on appelle culture sert désormais d’abord à intégrer l’individu, à le profiler pour qu’il trouve sa place à l’intérieur de la société technicienne. Ce n’ai plus l’enfant en lui-même pour lui-même qui est formé : c’est l’enfant dans la société pour la société. L’enseignement n’est plus une imprévisible aventure de l’édification d’un être, mais un conformisme et l’apprentissage d’un certains nombre de trucs utiles (valeur d’usage ou d’échange) dans un monde technique. Les enseignants forment des techniciens et non plus des êtres. Ne soyons pas surpris que le métier d’enseignants ne fasse plus rêver.
    Pour valider ces compétences, c’est soit acquis ou non acquis et donc un système binaire comme pour l’informatique 0 ou 1, entre les deux c’est un bug, la machine est allumé mais rien ne se passe comme quand l’élève est en cours d’acquisition, on est dans le virtuel. Il faudrait alors supprimer les notes et trouver des critères, des niveaux, des codes couleurs, des curseurs pour vérifier les compétences. Les professeurs vont devoir recruter des secrétaires pour enregistrer ces donnés ou passer encore plus de temps derrière la machine informatique pour les rendre transparents aux parents d’élèves. On sera tellement transparent que l’on va devenir des fantômes. Ainsi les professeurs seront bienveillants et positifs avec les élèves. Mais là encore, la forme change mais le fond reste. Les élèves seront toujours orienter, trier, sélectionner, classer, hiérarchiser. C’est peut être mois douloureux pour les élèves mais la fin est la même. C’est, il me semble, une illusion de croire, car c’est une croyance, que nous réglerons les inégalités scolaires (ne parlons pas des sociales, économiques ou environnementales) et la reproduction sociale de l’école à travers ce nouveau concept de compétences.
    Plusieurs choix s’offre a nous. Un peu de liberté tout de même. Soit la servitude volontaire, on sait et on consent, soit la servitude involontaire, on ne sait pas ou on ferme les yeux et on consent, soit agir et proposer une autre éducation ou bien aller cultiver son propre jardin ailleurs. A chacun sont choix mais il faut l’assumer.
    Il nous reste un pouvoir, celui d’agir quotidiennement avec nos élèves, dans nos pratiques, dans nos établissement même si comme c’est annonce un collège peu fermer (L.Cézard à Fontainebleau en 2017). Et c’est ce lien, ce rapport direct à l’élève qui est essentiel. Ne pas mettre d’écrans ou de textes entre nous et le monde.
    Restons vigilant et lucide sur ce que l’on nous demande de faire, ne nous laissons pas véroler par cette tyrannie marchande, technique et numérique qui nous aliène. Retrouvons de la simplicité et du pouvoir sur nos actes.
    Voilà mon regard sur ce nouveau socle, à vous de vous faire votre propre opinion et surtout de faire vivre se semblant de démocratie que l’on nous propose.
    Pour ma part, je vais maintenant éteindre les machines (ordi, tablette, tv, phone…), laisser Big Brother pour aller faire un match de foot avec mes copains et boire quelques bières (avec ou sans modération)
    Salut.
    A bientôt.

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