SNEP-FSU
 
 
L'avenir et la qualité d'un service public de l'EPS dans l'ESR sont sérieusement minés et fragilisés !
Une situation très dangereuse pour les SUAPS et services des sports à terme car :
- L'autonomie professionnelle de nos structures dans les établissements du supérieur est mise en question.
- En corrélation le sens de notre métier d'enseignant d'EPS sous statut de fonctionnaire est déstabilisé.
 
Nous nous devons de réagir collectivement
 
 
Participons entre autres à la journée d'action d'intérêt général dans tous les services publics le jeudi 22 mars. 
 
 
Au-delà des attaques générales qui concernent sans être exhaustif la remise en cause du statut des fonctionnaires, le gel du point d'indice, le jour de carence, l'augmentation de la CSG mal compensée, la maltraitance dont l'EPS et d'autres disciplines font l'objet à travers la réforme du baccalauréat (plus sortie de l'EPS au DNB) et des baisses de postes aux concours (moins 21%), de la loi ORE (orientation et réussite des étudiants avec sa contribution vie étudiante (CVE)) dans l'ESR, et autres… qui selon nous font système et nous engagent clairement sur un modèle libéral à l'anglo saxonne ; une situation très inquiétante se profile pour les SUAPS et services sports des GE, outils de développement d'une « EPS universitaire », visant à la démocratisation des APSA et une formation complète et équilibrée pour les étudiant-es. Tout ceci donne un contexte systémique.
Cette situation dans notre secteur spécifique des SUAPS est alimentée schématiquement par la politique gouvernementale autour de deux axes majeurs et qui sont permis, amplifiés par le cadre et les principes de la LRU et des RCE entre autres.
 
 
Les SUAPS : auxiliaires de la vie étudiante (VE) combinés aux restructurations internes ou externes des établissements à travers des grands services
 
 
Beaucoup de SUAPS nous font état, quand ce n'est pas déjà fait, que les DGS (direction générale des services) travaillent à regrouper entre autres les services communs sous une même entité tournant autour de ce que l'on nomme « la Vie Etudiante ». On est au-delà du programme budgétaire 231 du PLF 2018 de la VE. Car celle-ci devient l'emblème, l’étendard d'un des facteurs d'attractivité des établissements de l'enseignement supérieur et où l'on y mêle allègrement « le sport, la culture, la BU, la santé et… ». Des maîtres mots tels que « visible et lisible, souple, pragmatique, réactif,... » structurent ce « discours moderne ».
Mais tout ceci est piloté par la nécessité politique pour chaque établissement d'économiser des moyens en mutualisant (limitation de la dépense publique oblige). Cela est conditionné aussi, pour nombre de décideurs politiques, du gouvernement aux présidences d'universités, par une sorte d'idéologie technocratique indifférente aux métiers et leurs professionnels, aux spécificités de chaque secteur et de leurs missions de services publics qui leur étaient assignées. Les structures SUAPS, nos missions d'enseignement, d'organisation et d'animation deviennent des auxiliaires, des outils au service de cette terminologie Vie Étudiante. Et au bout du bout c'est notre autonomie professionnelle avec nos missions et nos métiers d'enseignants qui sont minées. Notre crainte que les SUAPS sortent du lien structurel qu'ils avaient avec l'offre de formation et l'aspect formation enseignement, va sûrement se poser dans nombre d'endroits. L'externalisation variable peut se développer. Cela peut jouer aussi sur le comptage des heures dans notre service (cqfd). Ajoutons que là où il y a des STAPS les moyens statutaires pourraient être aspirés pour répondre aux besoins de ceux-ci. Les SUAPS sont des variables d'ajustement pour les STAPS lorsqu'ils sont en lien structurel avec eux.
Ce contexte permet, combiné à l'idéologie actuelle « managériale » qui nous fait croire aux nécessités dites incontournables de s'adapter en permanence face à la concurrence pour rester attractif donc compétitif, de faire sauter tout ce qui est soi-disant rigide dont par exemple les structures instituées par des décrets type SUAPS (Décret 70). On pourrait y ajouter le statut de fonctionnaire d'enseignants d'EPS et le décret Lang. Réactivité, compétitivité nécessitent « souplesse, modernité, innovation, pragmatisme,…» dans le fonctionnement.
 
 
L'autre axe majeur est la mise en place de la Contribution Vie Etudiante (CVE)
 
 

Une impréparation hallucinante dans la mise en œuvre qui est significative politiquement du mépris ou de l'indifférence derrière les beaux discours des « bienfaits du sport » de ce que les SUAPS avec ses personnels avaient réussi à construire avec peu de moyens pour la démocratisation des APSA et de leurs contributions remarquées à une formation complète et équilibrée des étudiant-es. Toutes nos inquiétudes lors de notre courrier de novembre à la Ministre sur ce sujet se confirment. Cette CVE est un outil au service d'autres objectifs pas encore avoués.
Premièrement cette CVE sera de 90€ pour tou-tes les étudiant-es non boursiers quels que soient leurs niveaux d'études.
Mais le décret pour sa mise en œuvre à la rentrée 2018 pour permettre aux universités et SUAPS de se préparer n'a pas été anticipé. Une parution en juin, pire en juillet mettrait les personnels et SUAPS des universités en difficulté pour l'opérationnaliser. Cette CVE avec son impréparation fragilise tous les modèles économiques actuels des SUAPS laborieusement mis en place. Cet amateurisme est significatif politiquement.
Le ministère et la DGESIP ne savaient pas nous dire en février comment, sur quelles bases cette collecte d'argent va être redistribuée aux établissements.
On parle d'un prélèvement de 10% par les CROUS sur cette CVE. Sur une projection de près de 2 millions de cotisations à 90€, cela ferait pour les CROUS une recette de 18 millions d'euros (?) (calcul sur 2,7 millions d'étudiants environ attendus à R 2018 moins 750 000 boursiers environ). N'est-ce pas une manière de renforcer les CROUS dans leurs actions vie étudiante dont le sport peut faire partie et une manière d'être un opérateur prêt à se substituer à des SUAPS déjà affaiblis ou les concurrencer ?
Merci aux étudiants non boursiers de contribuer à ce nouvel impôt sur lequel ils ne sont pas sûrs de bénéficier des services auxquels ils auraient droit ! Comparons ce chiffre de 18 millions (même si estimation approximative) avec la ligne budgétée État dans le PLF 2018 pour les SUAPS de 4,1 millions (Ms). (Rappelons que ces 4,1Ms sont ventilés et répartis dans chaque université et que les SUAPS ont droit « en moyenne » à environ 55 000€)
Ensuite quelle part sera reversée aux établissements et surtout comment se fera la répartition au sein de ceux-ci entre les services (SUAPS, SUMPPS, culture, BU,…) ? Qui décide et quelles compositions si instances il y a ? etc.
Cette façon de faire va instaurer une nouvelle concurrence de fait, elle sera toxique pour les relations de travail entre fonctionnaires qui travaillent dans leurs secteurs spécifiques pour l'intérêt général dont celui des étudiant-es. Chacun-e devra remettre en avant son projet (sport, culture, santé, BU,…). Chacun-e devra montrer que son projet est meilleur ou plus central que les autres par rapport à cette « VE ».

Aussi à travers ces deux axes combinés à la LRU et au contexte plus général, le sens de notre métier d'enseignant est encore plus déstabilisé par ces dérégulations, par ces confusions, fusions et substitutions de missions (« tout est dans tout »), par ces mises en concurrences de fait, permanentes qui sont toxiques pour nos conditions de travail et notre santé professionnelle et personnelle. Les burns outs ou souffrances au travail deviennent fréquents chez nombre de nos collègues et pas que chez les directeur-rices. Nos missions d'enseignement et d'organisation du fonctionnement se trouvent fragilisées, diluées déjà par les restructurations mais aussi structurellement par cette CVE qui permet théoriquement à chaque étudiant-e d'avoir droit à une pratique sportive. Comment absorber qualitativement une augmentation de la demande sans augmentation de postes de titulaires et d'ISU ?

Madame la Ministre vous n'avez pas le droit de profiter de la conscience professionnelle des personnels, dont les équipes d'enseignants d'EPS des SUAPS avec leurs directions et autres services dans les écoles, pour éponger l'impréparation de cette CVE. Celle-ci n'est pas la bonne réponse pour permettre la reconnaissance de la valeur formative et universitaire des APSA et le développement de la pratique dans ce cadre. Nous craignons l'inverse. C'est ce que nous dirons entre autres à l'audience reportée du 27 février au 14 mars que nous aurons avec la Ministre et son Cabinet.
Nous demandons à la Ministre un moratoire d'un an pour l'application de cette CVE et de faire un vrai travail de projection et d'anticipation. On ne peut pas laisser se dégrader les conditions actuelles. On ne peut pas laisser la dérégulation libérale, commerciale minée la construction tant bien que mal de ce service public de l'EPS dans l'ESR. Il faut résister au démantèlement de nos missions d'enseignement, à ces logiques toxiques de mise en concurrence de tous contre tous et bien sûr continuer à être force de contre-propositions que nous portons aussi.
 
La journée d'action nationale de l'intersyndicale de toutes les Fonctions publiques du jeudi 22 mars englobant l'action des cheminots, est une journée d'intérêt général pour défendre les services publics dans laquelle les personnels de l'enseignement supérieur dont les SUAPS doivent exprimer leur ras-le-bol, le refus de ce mépris professionnel, salarial et de la libéralisation/privatisation des SP. Nous y porterons avec la FSU bien sûr nos propositions du spécifique au général qui sont interdépendants.
 
 
 
Pensez à vous syndiquer pour donner encore plus de force à cet outil collectif qu'est le SNEP-FSU promoteur d'un service public de l'EPS et de ses enseignants. C'est un des aspects participant à la construction du rapport de force. C'est un moyen concret de se relier et de résister à la tentative d'individualisation, d'atomisation, d'éparpillement et de destruction des solidarités collectives professionnelles. 
 
JE ME SYNDIQUE
 
Ci-dessous divers liens de lectures pour compléter l'analyse des contre réformes que nous faisons dans le système éducatif articulant le général au spécifique EPS
 
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Info envoyée aux collègues SUAPS - 12/03/18
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