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Edito de Nathalie François, Secrétaire nationale
Septembre 2020

L’accès aux équipements : une priorité dès la rentrée !

Les conséquences de la pandémie COVID 19 confirment combien les APSA, privées d'équipements, de leur accès et fonctionnalité, sont atteintes dans leur essence même et dans leurs dimensions culturelle et collective.

A cette rentrée, le ministère de l’EN dans les « repères pour la reprise de l’EPS  en contexte COVID » (1), tout comme l’Inspection Générale dans ses orientations pour la reprise de l’EPS(2) affichent publiquement qu’il est essentiel que l’EPS se déroule sur « des temps scolaires qui donnent accès aux équipements sportifs »(1), « sans concurrence entre les niveaux d’enseignement et les dispositifs(2) (ndrl : comprenons les dispositifs non obligatoires comme par ex. le 2S2C que le SNEP-FSU a largement dénoncé). Ils précisent aussi que l’« utilisation de ces installations sportives doit (…) garantir le bénéfice d’équipements dédiés »(1) (ndrl : comprenons que l’EPS ne peut pas se pratiquer sur des parkings, terrains vagues, salles de classes bricolées, etc…).
De tels rappels entrent en résonnance avec l'exigence portée depuis longtemps par le SNEP-FSU : « Pas d’EPS et pas de sport scolaire sans Equipements » !

Mais ces affirmations ne seront effectives que si le SNEP et ses responsables, à tous les niveaux et avec la profession, s'en mêlent. En effet, si notre institution affiche parfois de louables intentions, elle se préoccupe peu, voire pas du tout des conditions réelles de terrain et des améliorations indispensables. Faut-il rappeler que selon nos sources, seulement 5 à 10% des EPLE du 2nd degré disposent d’équipements sportifs intra-muros ou à proximité immédiate, parfois d’ailleurs pas suffisamment adaptées, et que tous les autres dépendent du bon vouloir des collectivités locales propriétaires des installations (nombre de créneaux horaires, type d’équipement, leur aménagement, leur entretien, leur gardiennage etc.). Des conventions sont certes contractées mais l’EPS du 2nd degré comme le sport scolaire ne sont malheureusement pas toujours prioritaires.
Ainsi, malgré un contexte qui devrait être favorable à la reprise d'activité physique pour tous les jeunes, donc à l’EPS, il est fort à parier que ce sera aux équipes EPS, avec l’appui de leur chef d’établissement, de « gagner » l’accès à tous les équipements nécessaires (variés, adaptés, de proximité et en quantité suffisante). 

Enfin, le contexte sanitaire actuel nécessite d’observer la plus grand vigilance sur les conditions d’hygiène et de confort qui sont trop souvent négligées. C’est un sujet qui pourrait paraitre annexe mais qui est tout essentiel à une vraie reprise de l’EPS et du sport scolaire. Il serait en effet aberrant de ne plus autoriser le passage systématique aux vestiaires et de contraindre de fait les élèves à garder la même tenue tout au long de la journée (sueur, gouttelettes, vêtements ayant pris la pluie).

Continuons à être ambitieux et exigeants pour les conditions de pratique de nos élèves et les conditions de travail de nos collègues. Le SNEP-FSU, dans ses ouvrages, fait des propositions de constructions et d’aménagements d’espaces plus grands, plus fonctionnels et d’une circulation réfléchie "marche en avant pieds sales" vers les vestiaires et "pieds propres" vers la salle d'évolution. Plus que jamais il faut les faire vivre.

*1 et 2 : KIT rentrée 2020 à retrouver sur le site du SNEP

nathalie.francois@snepfsu.net

 

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